Depuis quelques années, dans le monde du cyclisme, il n’est pas rare de constater la transition d’anciens coureurs professionnels de la route vers le gravel. Une discipline encore récente dans l’univers compétitif, mais qui séduit de plus en plus d’amateurs… et champions. Après avoir brillé sur les plus grandes courses du calendrier WorldTour, certains champions ont choisi de donner un nouveau souffle à leur carrière en troquant l’asphalte des routes européennes pour les chemins de terre et de cailloux. Thomas De Gendt, Greg Van Avermaet, Romain Bardet et Alejandro Valverde incarnent cette évolution, démontrant qu’il existe une vie sportive riche et passionnante après la retraite du peloton.
Des champions reconvertis
Ces quatre noms sont emblématiques de leur génération et leurs palmarès parlent d’eux-mêmes. Thomas De Gendt, infatigable attaquant et vainqueur d’étapes dans les trois Grands Tours, a mis un terme à sa carrière en 2024 avant de rejoindre l’équipe Classified pour se lancer sur les sentiers. Greg Van Avermaet, champion olympique en 2016 et vainqueur de Paris-Roubaix en 2017, roule désormais pour le plaisir mais aussi la performance en gravel avec le Team Last Dance puis Team GVA Gold. Romain Bardet, connu pour ses podiums sur le Tour de France et son style offensif, a surpris tout le monde en remportant la manche italienne de la Coupe du monde de gravel seulement deux mois après sa retraite en 2025. Enfin, Alejandro Valverde, l’éternel champion espagnol, après plus de 130 victoires et une longévité exceptionnelle sur route, s’est immédiatement illustré en gravel avec le Movistar Gravel Squad, confirmant qu’il n’a rien perdu de son sens de la compétition.

La transition : entre compétition et plaisir
Si ces champions se retrouvent aujourd’hui en gravel, ce n’est pas uniquement pour prolonger leur carrière : c’est avant tout une question de passion. Le gravel offre un cadre différent, moins contraignant que le WorldTour, mais suffisamment compétitif pour réveiller leur instinct de coureur. Ils y retrouvent la saveur des efforts solitaires, l’exigence technique des terrains variés, mais aussi une ambiance plus détendue, presque familiale. Comme le souligne Greg Van Avermaet, il s’agit de « courir fort, mais avec le sourire ». De Gendt insiste sur le défi personnel que représente chaque épreuve, tandis que Bardet et Valverde semblent s’épanouir dans ce mélange de nature, liberté et adrénaline. Cette discipline leur permet de conjuguer deux dimensions essentielles : l’amour de la compétition et le plaisir simple de pédaler.
Le passage du bitume aux chemins illustre parfaitement la richesse du cyclisme moderne. Pour beaucoup de cyclistes professionnels, le gravel est devenu un prolongement naturel de leur carrière, un terrain de jeu qui leur offre à la fois défi sportif et liberté retrouvée. Ces exemples inspirent autant les amateurs que les professionnels : on peut continuer à performer après la route, mais d’une manière plus légère, plus ludique, et sans perdre l’essence même du cyclisme. Le gravel s’impose ainsi comme le nouveau chapitre de grandes légendes, et peut-être l’avenir de nombreux coureurs en quête d’équilibre entre performance et plaisir.