Le cyclo‑cross belge vit une période particulière. Chaque hiver, les équipes bien établies concentrent les talents sur des structures stables, laissant parfois des coureurs sans contrat ou sans équipe. Ces situations précaires peuvent mettre en danger la préparation et la visibilité des cyclistes, surtout à un moment où chaque course compte pour la saison et le classement mondial.
C’est dans ce contexte qu’est née Team Ekoï, une idée des frères Roodhooft, propriétaires de l’équipe Alpecin-Deceuninck. « Nous voulions offrir un encadrement professionnel à ceux qui risquaient de finir la saison seuls », explique Christoph Roodhooft. Son frère Philip Roodhooft complète : « Ce n’est pas une équipe permanente, juste un tremplin pour permettre à ces coureurs de se montrer et de continuer à performer. »

Une initiative temporaire mais stratégique
L’équipe réunit trois cyclistes sans contrat pour 2026 : Ryan Kamp, Lauren Molengraaf et Hélène Clauzel. Pour ces athlètes, la nouvelle structure est un véritable soulagement. « Avant, je devais gérer mes entraînements, mes déplacements et mon matériel presque seule », raconte Hélène Clauzel, double championne de France. « Maintenant, je peux me concentrer sur la course, avoir un coach et un vélo de qualité… c’est un luxe qui change tout. »
Ryan Kamp renchérit : « Savoir que quelqu’un planifie nos entraînements et prend soin de notre équipement, ça nous donne confiance. Même pour quelques semaines, c’est précieux. » Et Lauren Molengraaf d’ajouter : « On ne sait pas ce que l’avenir nous réserve après cette saison, mais pouvoir courir dans de bonnes conditions est déjà une victoire en soi. »
La particularité de Team Ekoï est sa durée de vie très courte. Prévue pour quelques semaines seulement, elle agit comme un pont pour des coureurs momentanément sans toit, leur permettant de terminer la saison dans de bonnes conditions tout en se faisant remarquer par d’autres équipes.
Philip Roodhooft insiste : « C’est une mesure ponctuelle, mais elle peut inspirer d’autres structures à soutenir des talents laissés pour compte. Dans le cyclo‑cross, chaque opportunité compte. »
Après la dernière course… que restera‑t‑il ?
Pour l’instant, l’avenir de ces trois coureurs reste suspendu à la fin de l’hiver. Les performances sous le maillot Ekoï seront scrutées, et chacun espère que cette courte période servira de tremplin pour 2027. Comme le résume Hélène Clauzel : « On vit chaque course à fond, parce qu’après, tout peut changer. » Le mystère reste entier : la fin de la saison dira si cette équipe éphémère aura été un tremplin ou un simple passage éclair.



