Chaque printemps à la fin mars, Milan-San Remo revient. Et ces dernières années, le scénario semble se répéter : la force brute s’oppose à la science de la course. C’est le constat que Tadej Pogačar doit tirer, car, malgré son palmarès hors normes, l’homme bute encore sur la Primavera.
L’édition 2025 a confirmé la frustration du Slovène. Sur la Via Roma, c’est Mathieu van der Poel qui s’est imposé au terme d’un affrontement intense, laissant Pogačar une nouvelle fois sans victoire. Mais depuis, le champion met tout en œuvre pour réussir. Le champion du monde a d’ailleurs été aperçu sur les routes clés du final et notamment dans l’ascension du Poggio, un des points névralgiques de la course. Sa présence précoce sur ce terrain témoigne de son obsession : trouver enfin la solution de cette épreuve qui lui échappe encore. Cette préparation ciblée a déjà observée sur d’autres classiques pour l’homme fort de l’équipe UAE.
Plus à la seule puissance
Mais pourquoi Pogačar bute-t-il sur cette épreuve ? L’évolution du cyclisme moderne semble en tout cas compliquer sa tâche. Car les vitesses moyennes élevées et le matériel ultra-performant réduisent considérablement l’impact des attaques lointaines, sa spécialité. Même les accélérations les plus violentes peinent à créer des écarts durables tant le peloton se recompose rapidement. Dans ce contexte, s’imposer dans le Poggio devient un pari plus que hasardeux, même pour un coureur doté d’une explosivité exceptionnelle comme Pogačar.

La gestion du moment
Là où la Primavera se distingue des autres classiques, c’est dans le fait que l’issue peut justement basculer en quelques secondes. Et, au risque de décevoir Pogačar, la montée du Poggio ne suffit pas toujours : la descente et la gestion de l’effort jouent aussi un rôle déterminant. Face à des adversaires comme Van der Poel, rompus à cet exercice, la moindre imprécision se paiera immédiatement.
L’erreur récurrente de Tadej Pogačar est probablement là : avoir la conviction que l’attaque la plus forte sera décisive. Et à Milan-San Remo, c’est tout le contraire : cette épreuve récompense la patience et la maîtrise des transitions.
Cela dit, rien n’indique que cette résistance durera. Pogačar ne laisse jamais une défaite sans réponse. Mais tant que Milan-San Remo continuera de privilégier l’instinct et la ruse plus que les watts purs, la Primavera restera peut-être l’un des rares sommets encore hors de portée du champion slovène. À voir dès le 21 mars prochain.



