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Le chiffre marque un tournant : en 2026, le budget global des équipes du World Tour dépassera pour la première fois les 650 millions d’euros. Ce sont les données issues des rapports financiers transmis à l’UCI et qui confirment la tendance : le cyclisme d’élite s’installe dans une nouvelle dimension économique, plus structurée, mais aussi plus polarisée.

Depuis 2021, la progression est continue. En cinq saisons, le budget cumulé de la première division est donc passé d’environ 370 millions à plus de 650 millions d’euros. Après la période de rattrapage post-Covid, la croissance s’est normalisée. Elle n’est plus conjoncturelle, mais bien structurelle et portée par l’attractivité accrue de ce sport ainsi que l’arrivée de partenaires capables d’investir sur le long terme.

Une élite financière

Cette inflation bénéficie toutefois à un groupe restreint de formations. UAE Team Emirates domine le paysage avec un budget estimé autour de 65 millions d’euros. La stratégie repose sur une concentration des moyens : effectif dense, contrats longue durée et sécurisation des leaders. Le salaire annuel de Tadej Pogacar, évalué à environ 8 millions d’euros hors primes et sponsoring personnel, symbolise ce changement d’échelle inédit dans le cyclisme moderne.

Derrière, un second cercle s’est consolidé. Visma-Lease a Bike et INEOS Grenadiers évoluent désormais entre 50 et 55 millions d’euros de budget annuel. Red Bull-BORA-hansgrohe, renforcée par l’arrivée de Remco Evenepoel, et Lidl-Trek se situent autour de 45 millions. Ces équipes disposent d’une profondeur d’effectif qui leur permet d’attirer des coureurs capables de jouer des rôles majeurs ailleurs.

© Luca Bettini / Sprintcyclingagency/Bettini/Photo News

Des salaires en hausse

La hausse des budgets se reflète aussi sur les rémunérations. La masse salariale globale du World Tour continue d’augmenter, avec un salaire moyen brut qui dépasse désormais les 500.000 euros annuels, contre un peu plus de 370.000 euros en 2021. Cette moyenne reste toutefois trompeuse : une part croissante des revenus se concentre dans les équipes du sommet tandis que la majorité du peloton évolue avec des budgets compris entre 20 et 30 millions d’euros.

Un peloton à deux vitesses

Cette polarisation redéfinit forcément les équilibres. La fusion Lotto–Intermarché illustre cette réalité : une structure solide, mais aussi confrontée à des adversaires disposant de moyens deux fois supérieurs. Dans un World Tour à deux vitesses, l’enjeu dépasse désormais la performance ponctuelle. Il s’agit de retenir les talents, d’anticiper l’avenir, voire d’absorber les saisons plus creuses.

Le budget moyen par équipe est désormais proche de 36 millions d’euros. Bien entendu, le cyclisme reste loin des standards financiers du football ou de la Formule 1, mais il a clairement changé d’échelle. On verra ce qu’il en ressort.

Catégories :
Cyclisme

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