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L’idée progresse dans plusieurs capitales : utiliser la Coupe du monde 2026 comme moyen de pression politique face aux prises de position de Donald Trump sur plusieurs sujets, dont celui du Groenland. En Allemagne, au Royaume-Uni ou aux Pays-Bas, des responsables politiques estiment qu’un boycott constituerait une réponse symbolique forte et à faible coût économique.

À cinq mois du lancement du tournoi organisé principalement aux États-Unis, les menaces d’annexion du Groenland par l’administration américaine, ainsi que certaines décisions en matière de politique migratoire et commerciale, nourrissent un malaise croissant. Certes, jusqu’ici, Trump a laissé entendre qu’il n’utiliserait pas la force – un message répété à Davos. Mais en Allemagne, près d’un citoyen sur deux se dit favorable à un boycott en cas d’action unilatérale américaine, selon un récent sondage.

Au Royaume-Uni aussi, plusieurs élus évoquent ouvertement l’idée d’un retrait des sélections britanniques pour envoyer un message clair sur le respect de la souveraineté et du droit international. D’autres pays ont déjà évoqué cette possibilité : les Pays-Bas où une pétition circule, l’Espagne (mais plus en cas de participation d’Israël). La France a expliqué quant à elle qu’à ce stade, elle ne se prononçait pas… encore. Aucune réaction belge n’a encore eu lieu à ce stade.

© 1321550_001/Backgridus/Photo News

Une option très hypothétique

Sur le plan historique, les appels au boycott de grandes compétitions ne sont pas nouveaux. Des précédents existent : en 1930, les pays européens ont refusé de se rendre en Uruguay, premier vainqueur de la Coupe du Monde, en raison de tensions, entre 1930 et 1950, l’Angleterre, l’Écosse, le Pays de Galles et l’Irlande du Nord ont traité la Coupe du Monde comme un événement secondaire et encore en 1974 quand l’URSS a refusé de jouer dans le stade de Pinochet. Mais ces initiatives n’ont pas toujours produit des effets politiques concrets. Il n’empêche : la Coupe du monde 2026 reste perçue comme un levier très fort.

Pour certains observateurs, l’absence de grandes nations européennes constituerait un revers d’image majeur pour les États-Unis et pour la FIFA. Le football deviendrait ainsi un terrain indirect de confrontation diplomatique.

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Que dit l’UEFA ?

Réunis récemment à Budapest, les représentants des fédérations membres de l’UEFA ont évoqué la situation hier sans adopter de position officielle. L’instance européenne ne prône pas le boycott à ce stade et elle insiste sur l’autonomie du sport face aux décisions politiques. En interne, le mot d’ordre reste la prudence, l’UEFA rappelant que toute décision relèverait des fédérations nationales en lien avec leurs gouvernements respectifs. Le scénario d’un boycott reste donc très hypothétique. Mais il révèle combien la Coupe du monde 2026 dépasse déjà le cadre sportif.

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Football

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