L’expérience lui a appris la prudence. « Sur un championnat du monde, tout peut arriver : une malchance, un problème mécanique, une chaîne cassée… J’ai déjà vécu des situations où je partais comme favori et où ça ne passait pas », explique Mathieu van der Poel. Les signaux sont positifs, concède-t-il, mais un rappel s’impose toujours : « La course doit encore être disputée. »
Une préparation maîtrisée

Les dernières courses ont confirmé sa montée en puissance, même si Van der Poel tient à en relativiser la portée. À Hoogerheide, notamment, le déroulement de la course a influencé les écarts. « Hoogerheide donnait une image un peu faussée, car les poursuivants se sont beaucoup regardés. » Sur le plan personnel, en revanche, le ressenti était clair : « Je me sentais vraiment très bien. »
Le coureur d’Alpecin-Premier Tech relie directement ce ressenti au travail effectué en Espagne début janvier. « La progression que je voulais réaliser pendant les trois premières semaines de janvier, je l’ai faite. Je me sens différent par rapport à avant mon départ, exactement comme on l’avait prévu cet hiver. » Une satisfaction réelle, immédiatement tempérée : « Mais tout devra se jouer dimanche. »

L’histoire en toile de fond
Un huitième titre mondial placerait Van der Poel seul au sommet du cyclo-cross, devant le record d’Erik De Vlaeminck. Une perspective qu’il connaît, sans s’y attarder. « J’essaie de ne pas trop me focaliser là-dessus. Mais je sais que ce serait quelque chose d’unique. Je pense que tout le monde a longtemps cru que ce record ne serait jamais battu. »
Il affirme ne pas compter ses titres. « Je vois surtout ces titres comme la conséquence de mes performances. Je ne tiens pas les chiffres moi-même. Heureusement, les journalistes le font pour moi », sourit-il. Avec le temps, le regard évolue toutefois : « En vieillissant, j’y pense parfois un peu plus. Quand j’ai commencé, je n’aurais jamais imaginé en arriver là. »
Sérénité et avenir
Au fil des saisons, Van der Poel a appris à mieux gérer les imprévus. « La plus grande différence, c’est que je supporte mieux l’entraînement maintenant que je suis plus âgé, et que je suis devenu mentalement plus fort », constate-t-il. Les situations qui le déstabilisaient autrefois ne le perturbent plus : « Avant, j’aurais stressé à cause d’une crevaison. Aujourd’hui, ce stress a complètement disparu. Je deviens rarement nerveux. »
Quant à la suite de sa carrière, aucune décision n’est arrêtée. « J’y ai réfléchi et j’en ai parlé, mais je n’ai pas encore pris de décision définitive. » Avant cela, place à Hulst. « J’ai entendu dire que le circuit serait plus lourd et qu’il pourrait pleuvoir. » Mais cela n’est pas de nature à l’inquiéter…



