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Le Real Madrid s’est bâti sur une loi simple : gagner n’est pas une option, mais un devoir. Mercredi soir à Lisbonne, plus personne ne semblait s’en souvenir. Après une défaite humiliante face à Benfica, la Maison Blanche a chuté à la neuvième place de la phase de ligue de la Ligue des champions, avec pour conséquence un tour intermédiaire supplémentaire dans la quête du trophée aux grandes oreilles. Un naufrage sportif et mental, en totale contradiction avec son histoire.

Une insulte au maillot

Ce que le Real Madrid a montré contre Benfica n’était pas un échec tactique, mais une capitulation mentale. Aucun pressing, aucun leadership, aucune urgence. Comme si le maillot — ce blanc dans lequel Di Stéfano, Raúl, Cristiano Ronaldo et Sergio Ramos ont écrit l’histoire — ne pesait soudain plus rien. Un sentiment également partagé par notre compatriote dans les buts, Thibaut Courtois.

© Valter Gouveia/Photo News

Courtois : un gagnant dans un vestiaire sans faim

Thibaut Courtois sait ce que signifie gagner des titres avec le Real Madrid. Il était dans les cages lors de la finale de la Ligue des champions 2022, a livré des prestations légendaires et connaît les standards qui s’imposent ici. C’est précisément pour cela que la situation le ronge autant.

Avec Kylian Mbappé, il a tenté de réveiller le groupe. Pas avec de beaux discours, mais avec une exigence que tout Madridista comprend : plus d’intensité, plus de responsabilité, plus de sens de l’honneur. À Lisbonne, il s’est toutefois heurté à quelque chose d’impensable pour ce club : des coéquipiers qui n’ont tout simplement pas voulu le suivre. Pour un professionnel aguerri comme Courtois, allergique à la facilité, c’est presque insupportable.

© Valter Gouveia/Photo News

Des Galactiques sans colonne vertébrale

Le projet actuel devait être les Galactiques 2.0 : stars, talents, puissance marketing et trophées. Mais les stars ne gagnent pas des matchs si elles pensent que le talent suffit. Le Real Madrid n’est jamais devenu grand grâce au confort. Il l’est devenu grâce à des joueurs prêts à aller jusqu’au bout d’eux-mêmes.

L’approche actuelle — pizzas après le match, entraîneurs qui endossent toute la responsabilité, éloges plutôt que confrontations — respire la nostalgie. Florentino Pérez et Álvaro Arbeloa semblent croire que le bonheur mène automatiquement au succès. Mais cette époque est révolue. Le football moderne punit impitoyablement toute forme de nonchalance, même dans un club doté d’un tel palmarès.

Le danger

Il ne s’agit pas d’une simple baisse de forme. C’est une équipe qui risque de perdre son identité. Et pour le Real Madrid, cela a toujours été plus fatal qu’une défaite isolée.

Tant que des gagnants comme Courtois et Mbappé auront l’impression de tirer une charrette sur laquelle d’autres préfèrent s’asseoir, ce projet restera fragile. Car un Real Madrid sans faim, sans rage, sans obsession de la victoire, ce n’est pas le Real Madrid. Ce n’est qu’un club riche en maillots blancs. Et c’est peut-être la plus grande défaite de toutes.

Mais comme toujours dans le football, tout peut aller très vite. Lors du tirage au sort de la phase à élimination directe, Benfica est de nouveau sorti du chapeau. Une revanche face aux hommes de l’ancien entraîneur José Mourinho ? Ce n’est pas une question de « pouvoir », mais de « devoir ». Et notre gardien national le sait mieux que quiconque.

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Football

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