Au terme d’un final spectaculaire mêlant technique, puissance et sens de la course, il a conclu en solitaire après quinze kilomètres d’échappée. Tim van Dijke a pris la deuxième place au sprint, tandis que Florian Vermeersch a complété le podium.
Des ennuis mécaniques pour Philipsen et Magnier
La course s’est révélée nerveuse bien avant les moments décisifs. À l’approche du final, chutes et problèmes mécaniques ont déjà provoqué une première sélection. Dans l’approche du Molenberg, la tension est montée d’un cran et plusieurs favoris ont dû céder prématurément. Jasper Philipsen et Paul Magnier, notamment, ont perdu le contact avec le peloton après des soucis techniques, voyant leurs ambitions s’envoler avant même le véritable lancement de la finale.

Un numéro d’équilibriste signé Van der Poel
Le tournant de la course est survenu sur le Molenberg, à environ 45 kilomètres de l’arrivée. Au moment d’aborder les pavés, Rick Pluimers a chuté juste devant la roue de Van der Poel. Alors qu’une chute semblait inévitable, le Néerlandais a démontré toute sa maîtrise du vélo. Grâce à un réflexe impressionnant, il est resté debout, a brièvement touché la roue et le casque d’un coureur devant lui pour garder l’équilibre, avant d’éviter l’incident avec brio. Il a ensuite accéléré pour rejoindre l’attaque de Florian Vermeersch, avec Tim van Dijke également présent. Retardé par la chute, le peloton a laissé filer un écart décisif.
Peu après le Molenberg, le groupe de tête s’est élargi à six coureurs après la jonction avec des échappés matinaux. Derrière, le peloton a tenté d’organiser la poursuite, mais l’écart est resté proche de la minute. Au moment où celui-ci semblait diminuer, une lourde chute impliquant notamment Matthew Brennan a scindé le peloton en plusieurs groupes, anéantissant toute poursuite structurée. La victoire allait se jouer à l’avant.
Le Mur ne ment jamais
En direction du Mur de Grammont, la supériorité de Van der Poel est devenue évidente. Plutôt qu’une attaque franche, il a imposé un rythme écrasant dès les Vesten. Ses compagnons d’échappée ont lâché un à un. D’abord les rescapés de l’échappée initiale, puis Vermeersch et Van Dijke, incapables de suivre l’allure sur les pentes du Kapelmuur. Au sommet, Van der Poel basculait seul, avec encore le Bosberg et les derniers kilomètres vers Ninove à parcourir.
Dans le final, sa victoire n’a jamais été menacée. Le Néerlandais a maintenu un tempo régulier, sans commettre la moindre erreur, et a pu savourer tranquillement son premier succès de la saison. Derrière lui, Van Dijke s’est montré le plus rapide pour la deuxième place, tandis que Vermeersch, auteur d’une course solide, a dû se contenter de la troisième position.

L’Omloop Het Nieuwsblad 2026 restera comme une édition marquée par les incidents, mais surtout comme la démonstration de classe de Mathieu van der Poel. Après avoir évité de justesse une chute sur le Molenberg et porté une attaque décisive sur le Mur, il s’offre déjà un nouveau classique dès son entrée en saison.
Reproduira-t-il son exploit demain lors de Kuurne-Bruxelles-Kuurne ? « Nous déciderons cela tout à l’heure dans le bus en direction de l’hôtel », a confié un vainqueur visiblement ravi.



