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C’est l’annonce de ce début du Tour de Catalogne: Nairo Quintana a officialisé sa retraite, mettant un terme à plus d’une décennie au plus haut niveau. À 36 ans, le Colombien laisse derrière lui l’image d’un grimpeur pur, capable de faire vaciller les meilleurs dans les cols les plus redoutés du calendrier international.

Ces dernières saisons ont été plus compliquées pour Quintana, entre performances en demi-teinte, controverses et difficultés à retrouver une équipe WorldTour stable. Après avoir longtemps été une figure incontournable des grands tours, il s’était fait plus discret, peinant à retrouver son niveau d’antan face à une nouvelle génération dominée par des profils plus complets.

Sur le plan sportif, ses dernières apparitions ont montré un coureur toujours combatif, mais moins tranchant, surtout face à la concurrence. Lors de ses ultimes participations aux courses par étapes, Quintana s’est souvent battu pour des places d’honneur sans parvenir à jouer la victoire. Sa régularité en montagne restait intacte, mais les nouvelles générations (Alaphilippe, Thomas, Vingegaard…) l’ont progressivement éloigné des podiums majeurs.

Un palmarès digne des plus grands

Malgré cette fin de carrière plus discrète (dernière victoire en 2022 sur le Tour des Alpes Maritimes), le bilan reste immense. Quintana a marqué son époque, notamment grâce à ses performances sur les grands tours. Son style, tout en cadence et en endurance, en faisait un adversaire redoutable dès que la route s’élevait.

D’abord, sa victoire sur le Giro d’Italia 2014. Cette année-là, Quintana s’impose avec autorité, profitant notamment d’une étape de montagne dantesque pour prendre le maillot rose et ne plus le lâcher. Il devient ainsi le premier Colombien à remporter la course italienne, un moment historique pour son pays.

Ensuite, son triomphe sur la Vuelta 2016. Face à une concurrence relevée, Quintana fait preuve d’une grande intelligence tactique et d’une solidité remarquable pour décrocher son deuxième grand tour. Cette victoire confirme son statut parmi les meilleurs coureurs de sa génération.

Impossible également de ne pas évoquer ses performances sur le Tour de France. Deuxième en 2013 et 2015, troisième en 2016, il a longtemps été considéré comme l’un des rares capables de rivaliser avec les dominations successives sur la Grande Boucle. Son podium dès sa première participation reste un exploit majeur.

Autre fait marquant, sa disqualification en 2022 du Tour de France quelques semaines après en avoir pris la sixième place suite à la découverte dans son sang de traces de tramadol, un antidouleur interdit par le règlement médical de l’UCI. Malgré qu’il ait clamé son innocence, son équipe Arkéa-Samsic a rompu son contrat, le laissant loin des pelotons pendant un long moment.

© Jan De Meuleneir/Photo News

Un modèle colombien

Au-delà des chiffres, Quintana aura surtout inspiré toute une génération de cyclistes colombiens. Dans son sillage, le cyclisme sud-américain a pris une nouvelle dimension, s’installant durablement au sommet du peloton mondial.

Avec son départ, c’est une page qui se tourne. Le peloton perd un grimpeur emblématique, un coureur discret mais redoutablement efficace. Et même si ses dernières années ont été plus complexes, son héritage, lui, restera intact. Une dernière victoire sur les routes espagnole cette semaine ?

Catégories :
Cyclisme

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