Tout semblait se dessiner idéalement pour le coureur de Red Bull-BORA-hansgrohe. Après une attaque franche lancée à 28 km de l’arrivée de la 3e étape du Tour de Catalogne, Remco Evenepoel avait distancé l’essentiel des favoris avec Jonas Vingegaard dans sa roue. Les deux hommes abordaient les derniers hectomètres avec une avance confortable et les conditions pour disputer le sprint. Mais à 500 m de la ligne, la route a tout fait basculer.
En cherchant à repositionner ses mains en bas du guidon pour amorcer l’effort final, le Belge a percuté un nid-de-poule non signalisé et peu visible. L’impact l’a projeté violemment au sol. Seul témoin de la scène, Vingegaard a choisi de ne pas en tirer parti et d’attendre le retour du peloton. C’est finalement Dorian Godon qui a remporté l’étape au sprint.
Un avenir suspendu ?
Evenepoel a franchi la ligne debout, mais dans un état physique préoccupant. Maillot et cuissard lacérés, blessures visibles sur le ventre, le dos et les flancs : le double champion olympique a confié à la presse que la douleur était présente sur l’ensemble du corps, tout en soulignant l’absence de fracture comme un point positif. La vraie incertitude porte sur son coude, particulièrement touché, dont l’état conditionnera sa capacité à prendre le départ de l’étape du jeudi.

Le staff médical de l’équipe est intervenu rapidement après la course. Klaas Lodewyck, bras droit sportif d’Evenepoel, a déclaré que la situation pouvait encore évoluer favorablement dans les heures suivantes et que la priorité était de laisser le temps au corps de récupérer. Le ton se voulait mesuré, sans occulter une réelle inquiétude.
Evenepoel a lui-même indiqué à la presse que « La bonne nouvelle, c’est que je suis encore debout et que globalement ça va, je n’ai rien de cassé. Mais il est clair que j’ai un peu mal partout. Mon ventre et mon dos sont abîmés. On verra comment les blessures évoluent. […] On verra bien ce que ça donne dans les heures qui viennent. »
Un plan exécuté à la perfection, mais…
La journée avait pourtant été une réussite tactique pour l’équipe allemande. Evenepoel avait su exploiter des conditions de vent favorable pour provoquer des bordures et décrocher plusieurs rivaux directs au classement général, dont Dorian Godon, Joao Almeida et Mattias Skjelmose. L’attaque solitaire correspondait à une stratégie préparée en amont. Patxi Vila, directeur sportif, a confirmé que le scénario collectif avait été exécuté sans faute… jusqu’à la chute !
La suite de l’épreuve catalane devait justement constituer le cœur du duel annoncé entre les deux hommes, avec trois arrivées au sommet programmées sur les trois prochains jours. Vingegaard est en position de force. Evenepoel, lui, espère que son organisme lui laissera la possibilité de se battre. Encore une fois. Mais rien n’est moins sûr, car l’abandon pourrait aussi être envisagé…



