Deux jours de préparation, un vestiaire sous pression et une série noire longue de dix matches. Les conditions dans lesquelles Mario Kohnen a pris en main le Sporting de Charleroi n’avaient rien d’idéal. La victoire acquise vendredi soir face à l’Antwerp change pourtant la donne, au moins psychologiquement. Buts de Bernier et Pflücke, réduction du score sur penalty de Janssen dans les arrêts de jeu : le 2-1 final masque une rencontre plus compliquée qu’il n’y paraît et Kohnen ne s’en est pas caché.

Un diagnostic lucide
Le nouveau coach carolo a posé un regard précis sur le match. La première période a été jugée équilibrée, voire laborieuse : « Avec le ballon, on a eu quelques errements au début. C’est aussi peut-être à cause de notre situation pour le moment. La confiance n’est pas totale. » Une forme d’honnêteté qui tranche avec les discours convenus d’après-match, et qui dit beaucoup sur la réalité du groupe qu’il a hérité. Le but de Bernier à la demi-heure, une frappe dans la lucarne de Nozawa, a constitué le premier tournant réel de la rencontre et permis aux Zèbres d’aborder la pause dans de meilleures dispositions.
La seconde période a suivi un schéma similaire : un léger temps faible en début de mi-temps, puis une montée en puissance progressive. Kohnen a identifié une fenêtre de quinze minutes décisives autour de l’heure de jeu, durant lesquelles Charleroi a produit son meilleur football. Pflücke a doublé la mise à la 64e sur une passe de Bernier. Mais le 3-0, qui aurait clôt tout débat, n’est pas venu. « On a encore une très très grosse occasion avec Blum. Et je crois que là, le match aurait été plié », a regretté le technicien germanophone. Un manque de réalisme qui a entretenu le suspense jusqu’au bout.

La fin de rencontre a ravivé les vieilles angoisses. La sortie sur blessure de Titraoui a fragilisé l’équilibre carolo et Keita a concédé le onzième penalty de la saison, transformé par Janssen dans les arrêts de jeu. « L’Antwerp reçoit le penalty logique. Et là, on a encore dû subir quelques minutes », a reconnu Kohnen. Charleroi a tenu, mais à l’arraché.
Un premier pas, rien de plus
Au-delà du résultat, c’est la méthode et la mentalité qui ont retenu l’attention du nouveau staff. « La victoire est la plus importante. Mais je trouve aussi la façon. L’équipe a super bien géré », a estimé Kohnen, qui pointe une sortie de spirale négative plus que tout autre chose. Le message vers l’extérieur est clair : « C’est seulement un début. » Rendez-vous la semaine prochaine face au Standard pour confirmer que ce vendredi soir n’était pas qu’un accident de parcours.



