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Pour Paris-Roubaix 2026, tout le monde parle de Pogacar, de Van der Poel et de Van Aert. Logique. Mais l’Enfer du Nord a cette particularité de réserver ses pavés aux coups de théâtre et deux hommes semblent aujourd’hui mieux armés que les autres pour contrarier les scénarios écrits d’avance. Il s’agit de Mads Pedersen et de Filippo Ganna qui partagent un profil, une ambition et une trajectoire de préparation qui méritent qu’on s’y attarde avant le départ de Compiègne.

© Dion Kerckhoffs / Cor Vos / Sprintcyclingagency/Bettini/Photo News

Van der Poel inquiet

Pedersen arrive à Roubaix dans une forme ascendante. Handicapé en début de saison par une fracture du poignet, le Danois a retrouvé son meilleur niveau depuis Milan-Sanremo. Au Tour des Flandres, il a terminé cinquième d’une course qu’il aurait pu disputer bien plus haut sans les circonstances. L’an dernier, une crevaison fatale lui avait coûté une place dans la bagarre finale aux côtés de Pogacar et Van der Poel. Il est déjà monté deux fois sur le podium de Paris-Roubaix et considère la victoire sur l’Enfer du Nord comme l’objectif majeur de sa carrière.

Mathieu van der Poel lui-même n’a pas cherché à minimiser la menace : « Il est toujours très fort sur les pavés et lors du Ronde, il m’a impressionné. » Difficile de faire l’éloge plus clair d’un concurrent direct à la veille d’une classique.

© Luca Bettini / Sprintcyclingagency/Bettini/Photo News

Ganna, lui, vient de remporter À Travers la Flandre en résistant à Van Aert dans les 150 derniers mètres, une victoire qui a ravivé les questions sur son retour aux conditions climatiques et sur son aptitude à gérer les aléas d’une course à rebondissements. Sur un parcours plat comme celui de Roubaix, sa puissance de rouleur constitue un atout considérable. Sonny Colbrelli, vainqueur en 2021 alors qu’il n’était lui aussi qu’un outsider, l’a dit clairement dans la Gazzetta dello Sport : Ganna « a bien calibré sa préparation et a le physique et la puissance nécessaires pour être compétitif. »

© Ivan Benedetto / Sprintcyclingagency/Bettini/Photo News

Des vélos réglés au millimètre

Pour que ces ambitions prennent forme sur les pavés, les équipes ont travaillé depuis janvier sur chaque détail technique. L’impératif est partagé par tous : absorber les chocs sans perdre en rendement. Pneus de 32 mm en tubeless, gonflés entre 3,5 et 4 bars, double guidoline, cassettes adaptées à la puissance requise dans les relances en sortie de secteur. Tout est pensé pour tenir sur les 260 km de l’épreuve sans que le matériel ne lâche avant les jambes. Chez Soudal Quick-Step, le ressenti du coureur reste la priorité absolue, quand Tudor pousse l’analyse jusqu’aux capteurs de vibration en temps réel sur chaque secteur pavé. Une seule contrainte commune et non négociable posée par l’UCI : tout ce qui roule dimanche doit être disponible dans le commerce.

Les favoris partiront avec leurs certitudes. Pedersen et Ganna partiront avec leurs ambitions. Et Roubaix, lui, n’a jamais promis de respecter les pronostics.

Catégories :
Cyclisme

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