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Il y a des courses qui entrent dans la légende par leur scénario autant que par leur vainqueur. L’édition 2026 de Paris-Roubaix appartient déjà à cette catégorie. Sur les 260 km reliant Compiègne au Vélodrome de Roubaix, la course a multiplié les rebondissements dès les premiers kilomètres, offrant un spectacle d’une intensité rare. Au bout du chaos, un seul homme a su garder la tête froide : Wout van Aert.

© Pool Bernard Papon / Sprintcyclingagency/Bettini/Photo News

Un scénario de tous les extrêmes

La première partie de course a posé les bases d’une journée hors norme. Alors que les tentatives d’échappée matinale ont toutes été neutralisées , les incidents mécaniques se sont multipliés parmi les favoris. Van Aert, Pedersen et Stuyven ont chacun subi un contretemps sans conséquence immédiate. Pogacar a crevé et s’est retrouvé relégué à une minute du peloton avant d’effectuer un retour spectaculaire de vingt kilomètres, juste à temps pour aborder la Trouée d’Arenberg.

© Etienne Garnier/Pool/Photo News

C’est là que la course a basculé. Van der Poel a été victime d’une première crevaison, a changé de roue avant que celle-ci ne lâche également et s’est retrouvé à deux minutes de la tête à la sortie du secteur. Dans le même temps, van Aert a lui aussi crevé et il a été contraint de s’accrocher au duo Red Bull-Bora-Hansgrohe formé par Pithie et Meeus pour revenir sur le groupe de tête après dix kilomètres d’un effort intense.

Van Aert fait le vide, Pogacar résiste

Le secteur d’Auchy-lez-Orchies à Bersée a constitué le tournant décisif de la course. Van Aert y a exercé une pression suffisante pour distancer l’ensemble du peloton, à l’exception de Pogacar, évidemment. Pedersen se retrouvait seul en poursuite tandis que Van der Poel revenait de nulle part dans un groupe de six coureurs comprenant également Stuyven. En tête, le duo belgo-slovène a fonctionné avec une efficacité remarquable ce qui leur a permis de prendre une avance d’une quarantaine de secondes sur leurs poursuivants dans les deux derniers grands secteurs pavés.

© Vincent Kalut/Photo News

Pogacar a tout tenté pour lâcher van Aert en prenant même en charge l’essentiel du travail dans les derniers kilomètres. Mais sans succès. Sur le Vélodrome, van Aert a laissé son rival initier le sprint avant de le déborder avec une puissance souveraine pour s’offrir la plus belle victoire de sa carrière.

Derrière, Stuyven a fait preuve d’intelligence tactique en tentant une offensive solitaire qu’il a su gérer jusqu’à la ligne pour décrocher la troisième place. Van der Poel, monstrueux dans sa capacité à revenir après ses mésaventures mécaniques, a remporté le sprint du groupe des poursuivants pour terminer quatrième. Et on est tous d’accord pour dire que c’est une récompense insuffisante pour une journée qui aurait pu être la sienne.

Catégories :
Cyclisme

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