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Dimanche, dans la Trouée d’Arenberg, l’image a surpris : Van der Poel à l’arrêt suite à une crevaison, tentant brièvement de repartir avant de renoncer. Sur une classique aussi exigeante, la solution la plus rapide reste souvent de prendre le vélo d’un coéquipier. Mais encore faut-il que tout soit compatible.

Le Néerlandais d’Alpecin Premier Tech roulait avec ses pédales Shimano SPD-SL, équipées de leurs cales spécifiques à trois points de fixation. En face, le vélo de son coéquipier Philipsen était doté d’un système Shimano différent, en phase de test au sein de l’équipe. Résultat : impossible d’enclencher et de revenir directement sur le groupe de van Aert futur gagnant. Car, et les cyclistes amateurs le confirmeront, sans engagement du pied, impossible de produire l’effort nécessaire, encore moins sur les pavés.

C’est là que le bât blesse. Dans le peloton, le couple pédale/cale est totalement verrouillé : impossible d’improviser. Et même au sein d’une même équipe, l’introduction de matériel en phase de test peut créer ce type de situation hybride. D’ailleurs, le management d’Alpecin a reconnu après coup une décision « très idiote » d’avoir aligné deux systèmes différents sur une course comme Roubaix.

© Pool Etienne Garnier / Sprintcyclingagency/Bettini/Photo News

D’autres coureurs en ont déjà fait les frais

Ce n’est pas la première fois que ce type de mésaventure survient dans le cyclisme professionnel. L’exemple le plus célèbre reste celui de Chris Froome lors du Tour de France 2016, sur les pentes du Mont Ventoux. Pris dans une chute collective, le Britannique avait vu son vélo endommagé. Faute de matériel immédiatement compatible, le coureur Sky, à l’époque, roulait avec des pédales Look, alors que les vélos de dépannage neutre étaient équipés en Shimano. Ce qui avait contraint le coureur britannique à courir à pied pendant plusieurs mètres… une scène surréaliste qui a marqué l’histoire du Tour.

© Cor Vos/Cor Vos/Photo News

Un peloton à deux pédales

Aujourd’hui, le peloton roule principalement sur deux grands systèmes. Le plus répandu reste Shimano avec son standard SPD-SL, très utilisé pour sa stabilité et sa large surface d’appui, favorisant la transmission de puissance. En face, Look demeure un acteur historique toujours présent dans certaines équipes comme Cofidis, avec son système Keo, apprécié pour sa légèreté et sa liberté angulaire. Ces différences, minimes en apparence, peuvent pourtant devenir cruciales dans des courses où la compatibilité du matériel est essentielle, comme l’a rappelé Paris-Roubaix.

Dans un sport où la technologie joue un rôle central, ces détails techniques peuvent faire toute la différence. L’épisode vécu par Van der Poel à Paris-Roubaix et la perte d’une victoire tant espérée, en est une nouvelle illustration : parfois, la victoire ou la défaite tient… à une simple pédale.

Catégories :
Cyclisme

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