Il y a quelques semaines, son nom ne figurait sur aucune liste de favoris. Le Grand Prix Monseré était passé sans laisser de trace. Et pourtant. À Schoten, personne n’a pu contester le sprint lancé depuis l’arrière par Tim Merlier. À Tongres, sur le faux plat montant du Tour du Limbourg, il a fait mieux encore en repartant encore du fond. Deux victoires en quatre courses, Paris-Roubaix compris (une course décidée en dernière minute qui lui a d’ailleurs coûté physiquement). Et quid de ce genou qui a inquiété tout l’hiver ? On a la réponse : le meilleur sprinteur du monde en 2025 n’a rien perdu.

Ce que Tongres dit sur Tim Merlier
On pourrait s’en tenir aux absents. Jonathan Milan, Jasper Philipsen ou Dylan Groenewegen n’étaient pas là. L’argument est commode. Mais il ne tient pas face à ce qu’on a constaté. Lancer son sprint depuis l’arrière sur une arrivée en légère montée, terminer avec six vélos d’avance, c’est un registre que peu de sprinteurs du peloton mondial peuvent se permettre.
Ses adversaires l’ont parfaitement compris. Stanislaw Aniołkowski, sixième pour Cofidis, a déclaré à la presse avec une franchise désarmante : « il était imbattable, je pense. Mais si tu arrives à garder sa roue, tu fais 2e. » Une domination de cette nature est un signal en soi. Le vrai test viendra en juillet au Tour de France face à un plateau autrement plus relevé. Mais ce que Tongres établit, c’est que Merlier arrive dans ce rendez-vous en favori, plus en outsider.

Un train bien huilé
Cela dit, les victoires de Tim Merlier ne tombent pas du ciel. Elles se construisent avec un dispositif collectif que Soudal-Quick Step a répété à Schoten comme à Tongres : Fabio Vandenbossche à l’avant pour neutraliser les tentatives d’attaque, Bert Van Lerberghe pour le lancer dans le final. À Tongres, la mécanique était bien huilée. Et ce n’est pas un détail. Merlier a beau être le meilleur finisseur du lot, sans ce train-là, les victoires sont moins assurées. L’équipe Soudal-Quick Step ne prépare pas seulement les courses du printemps, mais elle affûte son organisation qui devra tourner à plein régime sur les étapes du Tour de France. Cette cohérence entre le sprinteur et ses équipiers, c’est une des conditions absolues du succès d’un potentiel succès sur les Champs-Élysées.
Horizon juillet
Fernando Gaviria, deuxième à Tongres a été témoin privilégié de la domination belge. Et il a expliqué à la presse que pour Tim Merlier, « il ne faut pas demander quand on sera en juillet. » Même des adversaires directs le placent manifestement hors de portée. C’est dans ce contexte que Soudal-Quick Step aborde la Grande Boucle. Sans Remco Evenepoel, la formation belge sera libre de consacrer toutes ses ressources à son sprinteur. Il ne faudra donc plus faire de compromis entre la protection d’un leader au classement général et la chasse aux victoires d’étapes.
Il faut rappeler que Merlier s’est déjà imposé à deux reprises lors de l’édition précédente et dans une configuration moins favorable. Cette fois, il sera l’homme autour duquel tout est construit. Le maillot vert, attribué au meilleur sprinteur du Tour, entre logiquement dans les ambitions : Philipsen l’a remporté deux années de suite, Jonathan Milan monte en puissance, mais une équipe entièrement dédiée à son finisseur change radicalement les rapports de force. Ce que Tim Merlier a montré à Tongres ne garantit rien, mais ça montre malgré tout qu’il en a les moyens. La suite appartient au Tour.




