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Rudi Garcia l’a dit au sortir du partage contre le Mexique à Chicago, début avril. Sur les 28 joueurs convoqués pour la tournée américaine, quinze revenaient de blessure ou ne jouaient pas titulaires en club. Sa conclusion était une exigence : chacun devait tout faire pour être titulaire en avril et mai. Car sans rythme de match, aucun plan tactique ne va tenir. Il l’avait aussi rappelé à la mi-temps face au Mexique : un schéma ne sert à rien si chaque duel est perdu.

Garcia travaille dans un 4-3-3 offensif quasi-systématique. Imposer le jeu, ne pas subir, la Belgique y est habituée du moins quand tout va bien. Mais un système ne vaut que si les hommes qui le font tourner sont disponibles. Et à six semaines du Mondial et de leur premier match à Seattle, on peut dire que le bât blesse.

Le socle qui rassure

Jérémy Doku est la certitude absolue de Garcia sur le flanc gauche. Il est confirmé aux États-Unis. Amadou Onana restera, lui, le poumon défensif du milieu. Il est régulier et pour tout dire incontournable. Alexis Saelemaekers a été décisif toutes les 57 minutes en qualifications. C’est la statistique la plus probante du groupe. Enfin, Leandro Trossard, titulaire à Arsenal en fin de saison, est dans la tête du sélectionneur malgré des stats en demi-teinte avec les Diables. On comprend donc entre les lignes que ces quatre joueurs-là portent le groupe quand les autres doutent.

Jeremy Doku – © Vincent Kalut/Photo News

De Bruyne et Courtois : le timing

Kevin De Bruyne s’est déchiré le biceps fémoral en octobre 2025 et il a été opéré dans la foulée. Revenu plus tôt que prévu à Naples, il déclarait mi-avril à la radio napolitaine être de nouveau en pleine forme. On ne demande qu’à le croire. Si les matchs de club confirment d’ici juin, les Diables ont leur cerveau. Sans lui, il n’y aura pas d’option équivalente.

Kevin De Bruyne – © Sp24-1404-090/Sportphoto24/Photo News

Thibaut Courtois a contracté une lésion au droit fémoral face à Manchester City en Ligue des Champions à la mi-mars. Convalescence : entre six et huit semaines, ce qui le place exactement sur le fil du 15 juin. Son retour n’est pas compromis, mais le timing est serré. Et il y a aussi un risque : un Courtois sans rythme depuis des semaines, ça peut tout changer aussi.

Thibaut Courtois – © Acero/PsnewZ/Photo News

Debast, Theate, Tielemans : un rythme à retrouver

Debast, Theate, Tielemans ont participé à la tournée US en revenant de blessure : le genou pour Debast, le ménisque pour Theate et la cheville pour Tielemans. Debast s’est le mieux comporté et semble le plus avancé. Theate et Tielemans manquaient encore de rythme. Garcia le sait : le rythme de match, ça ne se retrouve pas en stage. Ça se retrouve en jouant.

Lukaku et Openda, les vrais problèmes

Romelu Lukaku n’a plus joué depuis juin 2025. Il compte sept apparitions cette saison, mais aucune comme titulaire. Blessé aux ischiojambiers lors d’une préparation face à l’Olympiacos, puis touché au fléchisseur de hanche, il a aussi écopé d’une amende de 150.000 euros de Naples pour s’être soigné en Belgique sans autorisation. Revenu à Naples le 20 avril, il a interrompu sa séance individuelle deux jours plus tard avec une grimace de douleur. Pire, à 32 ans avec une saison quasi blanche, la question ne tourne plus seulement autour de sa présence le 15 juin, mais de son état physique réel.

Romelu Lukaku – © Davide Casentini/Ipa Sport / Ipa-Agency.Net/Empics Entertainment/Photo News

Loïs Openda n’est pas en meilleure posture. Prêté à la Juventus depuis septembre après une saison décevante à Leipzig, il n’a inscrit que deux buts en 33 matchs toutes compétitions confondues. La Juve ne compte plus sur lui et prépare son départ. En sélection, le bilan est tout aussi maigre : aucune réalisation décisive en cinq apparitions sous Garcia. Hein Vanhaezebrouck ne mâchait pas ses mots récemment : il ne comprend tout simplement pas pourquoi Openda continue à être titularisé avec les Diables. C’est un fait et sa place de doublure de Lukaku est directement menacée.

Loïs Openda – © Vincent Kalut/Photo News

Charles De Ketelaere s’est montré plus convaincant lors des derniers rassemblements. Il est capable d’évoluer en meneur de jeu autant qu’en faux neuf. Et derrière, Mika Godts pousse fort : 14 buts et 11 assists à l’Ajax cette saison, il a été la révélation de la tournée américaine. Garcia devra trancher. Et dans ce contexte, aucune place ne semble garantie.

Mika Godts – © BG20260411-0800800089221 /Orange Pictures/Photo News

Six semaines pour répondre

Garcia a son système et ses certitudes. Le groupe G reste abordable : Égypte, Iran, Nouvelle-Zélande. Mais la moitié de l’équipe type doit encore prouver qu’elle sera là, en forme, le 15 juin à Seattle. Avec un Lukaku comme point d’interrogation central. C’est lui le vrai sujet du Mondial belge.

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Football

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