Depuis quelques années, le Sporting d’Anderlecht n’est plus que l’ombre de lui-même. Le club bruxellois court après les titres dont il est sevré depuis 2017. Sur ces années de disette, les directions sportives se sont succédé sans parvenir à trouver la bonne formule. Avec Antoine Sibierski, nommé en début de semaine, les Mauves espèrent avoir trouvé l’homme idéal, capable de replacer Anderlecht sur la carte du football belge et de rouvrir l’armoire à trophées.

Siberski le faiseur de miracle ?
Ancien attaquant formé au LOSC, Antoine Sibierski a étalé sa carrière de 1992 à 2009 en passant, outre par le club nordiste, du côté d’Auxerre, Nantes, Lens, Manchester City ou encore Newcastle United. Ephémère entraîneur de Châteauroux à la fin de la saison 2023-2024 (2 matchs), il devient directeur sportif de l’ES Troyes en juillet 2024.

En champagne, Sibierski est arrivé au chevet d’un club malade, sportivement relégué en National, mais sauvé in-extremis par la relégation administrative des Girondins de Bordeaux. Pour sa première saison, il parvient à construire un groupe qui vit une année tranquille dans le milieu de tableau avant, cette année, de transformer Troyes en champion de Ligue 2. Pour certains, c’est un véritable miracle qu’a opéré Sibierski tant les moyens à sa disposition n’était pas faramineux.

C’est un peu tout ça qui a convaincu Anderlecht de lui faire confiance. « Nous cherchions quelqu’un qui a l’expérience du plus haut niveau que ce soit comme joueur ou entraîneur mais qui soit aussi un homme de terrain proche du groupe et du staff », a commenté Kenneth Bornauw, le CEO du RSCA, lors de la conférence de presse de présentation du nouveau directeur sportif. « Le dernier critère était de trouver un directeur sportif capable de construire un effectif compétitif et équilibré grâce à un réseau large et qui accorde de l’importance à l’académie. Nous étions d’avis qu’Antoine a le profil et le leadership qui correspondent à la situation actuelle du club. »
Trouver le coach idéal
L’une des premières tâches qui incombe au nouveau directeur sportif d’Anderlecht, c’est trouver un nouvel entraîneur. Si les premières semaines de Jérémy Taravel à la tête de l’équipe ont été positives et ont redonné de l’espoir au club, la suite fut plus compliquée avec un Anderlecht qui est retombé dans ses travers. Une preuve que Taravel n’a pas apporté beaucoup.

Toutefois, Sibierski est resté très diplomate au moment d’évoquer ce dossier. « Ce serait très maladroit de discuter de cela maintenant. Jérémy a une mission et des matchs très importants à venir. Une fois la saison terminée, nous ferons le point », a-t-il avancé mercredi.
Avec sa venue à Anderlecht, des liens ont déjà été faits avec l’entraîneur de Troyes, Stéphane Dumont. Le duo a bien fonctionné cette année en Ligue 2, mais Sibierski jouera-t-il la carte de la simplicité ou cherchera-t-il un entraîneur qui s’inscrit dans un projet et non l’inverse ?

Sibierski doit (re)construire un noyau
Mais le plus gros de son travail sera de construire un noyau capable de jouer le titre. Avec le départ annoncé de Nathan De Cat cet été, le club récupérera une belle somme à réinvestir. Sibierski devra chercher à en tirer le maximum, alors que le prodige de Neerpeede arrive en fin de contrat en juin 2027.
Tout le noyau sera un véritable chantier, ces dernières saisons n’ayant pas donné satisfaction. Sibierski a conscience de l’importance de la tâche qui est la sienne. « Le prestige du club et ce qu’il représente font que le travail que j’aurai à faire doit être à la hauteur de cette histoire. Il faut pratiquer un football dominant, avec et sans ballon. Je veux voir des équipes avec un état d’esprit irréprochable, de vraies valeurs en termes de discipline, de rigueur, de travail. Courir a toujours été important dans le football et il faut le mental pour le faire. »
De quoi donner une idée de la direction que prendra son mercato de juillet.



