Huit buts en six journées de Champions Playoffs. Seuls Malines et Gand font moins bien. À elle seule, cette statistique dit beaucoup sur la situation de l’Union. Mais d’autres chiffres font encore plus mal, comme les XG (buts attendus). Avec 7,35 XG cumulés en six rencontres, les Saint-Gillois affichent le bilan le plus faible du groupe. Bruges tourne à 15,5, Anderlecht à 10,2, Saint-Trond à 9,6, Gand à 8,5. Autant dire que le champion en titre ne souffre pas que d’une malchance passagère.

Le déplacement à Saint-Trond la semaine passée en est l’illustration la plus crue : douze actions offensives, trois tirs, un but et un XG de 0,25 sur l’ensemble du match. Kevin Rodriguez a transformé l’une des deux demi-occasions de la rencontre, un beau geste, certes. Mais pour une équipe qui vise le titre, on ne peut pas se contenter de ça.

Avant Promise David, après Promise David
Il serait trop simple de tout mettre sur le dos de la blessure de Promise David, survenue en février contre l’Antwerp. Mais il serait tout aussi malhonnête d’en minimiser l’impact. Depuis l’absence du Canadien, la moyenne de buts par match des Saint-Gillois est tombée à 1,5. Et c’est insuffisant pour jouer le titre.
Mais ce qu’il faut savoir, c’est que cette tendance préexistait. Sur les 13 premières journées de phase classique, l’Union avait marqué trois buts ou plus à cinq reprises. Sur les 17 journées suivantes, ce seuil n’a plus été franchi qu’une seule fois, lors du dernier match de la phase classique, encore à Saint-Trond. La blessure de David a donc accéléré une dégradation qui couvait déjà. Pire, en playoffs, quatre rencontres sur six se sont conclues avec un but ou moins au compteur unioniste. Le pic offensif reste la victoire à Anderlecht, 1-3. Mais c’est désormais loin derrière…
Dans cette idée, on peut aussi penser à ce que Kevin Mirallas apportait la saison passée : une mission spécifique d’accompagnement des attaquants dans leur travail de finisseur. Or, ce profil-là n’est plus là aujourd’hui.
Un système qui tâtonne
David Hubert a multiplié les formules pour compenser. Biondic seul en pointe lors du premier match des playoffs, puis Rodriguez à ses côtés pour les trois suivants avant que l’Allemand ne se fracture un os du bras. Le duo Florucz-Rodriguez a alors été aligné contre Anderlecht, pour revenir à un 3-4-2-1 face à Saint-Trond avec Rodriguez seul devant. Quatre matches, quatre configurations différentes. Forcément, ça ne peut pas stabiliser une attaque, ça la désoriente.

Fuseini, longtemps à l’infirmerie cette saison, joue un rôle de joker qui ne convainc pas encore. Giger a quasiment disparu de la rotation. Et Rodriguez lui-même, qui carbure à la confiance plus que les autres, ne compte que deux buts depuis le début de l’année 2026 (le dernier avant samedi remontait à six semaines contre Dender). Le coup de genou malinois reçu en janvier et qui lui avait fissuré des vertèbres pèse visiblement encore.
L’Union reste pourtant la deuxième équipe du championnat à toucher le plus de ballons dans le rectangle adverse. Le problème n’est pas l’accès à la surface, mais c’est ce qu’on en fait une fois qu’on y est. Ça, c’est une question de lecture dans le dernier tiers, de finisseurs en confiance et peut-être aussi de cohésion offensive que les changements de système permanents ne permettent pas de construire.

Malines comme test de vérité
La venue de Malines dimanche au Parc Duden sera donc un match scruté. Car chaque point perdu réduit encore la marge de manœuvre d’une équipe qui ne peut plus se permettre de faux pas. Mais l’enjeu va au-delà du résultat. C’est la qualité du contenu offensif que l’on va regarder : l’Union est-elle capable de produire un football dominant, de créer plusieurs occasions claires et de faire tourner un système stable sur 90 minutes ?
C’est bien là que se jouera la vérité de cette fin de saison. Une victoire poussive arrachée sur un coup de pied arrêté ne suffira pas à dissiper les doutes. Ce qu’il faut, c’est casser cette panne offensive qui dure depuis trop longtemps.




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