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Sauf rebondissement majeur, la victoire finale au Giro 2026 ne semble plus en discussion. Jonas Vingegaard file vers Rome avec une avance qui ne laisse aucun espoir à ses adversaires. Mais le classement Giro 2026 réserve encore toute son intensité pour les places qui suivent. Après Carì, la configuration est claire : Eulálio vient de sortir du podium tandis que Gall, Arensman et Hindley se tiennent en moins d’une minute. Quatre étapes restent à disputer. L’issue reste ouverte.

Eulálio, la révélation qui s’effrite

Neuf jours en maillot rose, une équipe Bahrain exemplaire, un courage qui ne s’est jamais démenti. L’histoire d’Afonso Eulálio sur ce Giro restera belle, mais elle est terminée. Après avoir déjà concédé 2’49 » à Pila, le Portugais a perdu encore 3’14 » sur Vingegaard à Carì. Il est 5e au général à +5’40 ». Mathématiquement, il n’est qu’à 1’37 » du podium. En pratique, avec deux arrivées au sommet dans les Dolomites encore à disputer, l’équation est devenue impossible pour un coureur dont les ressources s’épuisent à chaque test sérieux. Eulálio regardera désormais derrière lui, notamment vers Piganzoli, son adversaire pour le maillot blanc de meilleur jeune.

© Luca Bettini / Sprintcyclingagency/Bettini/Photo News – Afonso Oliveira Eulalio

Gall et Arensman, les mieux armés ?

Entre Felix Gall (2e, +4’03 ») et Thymen Arensman (3e, +4’27 »), tout se joue sur 24 secondes. À ce stade de la course, c’est une confrontation en temps réel, sommet après sommet.

© Alessandro Perrone / Sprintcyclingagency/Bettini/Photo News – Felix Gall

Gall a pour lui l’expérience et un profil qui colle parfaitement à ce que demande le Giro en fin de course. L’Autrichien de Decathlon CMA CGM est connu pour élever son niveau en troisième semaine. Sa victoire en solitaire à Courchevel lors du Tour 2023, en 17e étape, reste sa référence la plus parlante. Son équipe est entièrement mobilisée pour lui et la formation concentrera ensuite toutes ses ressources sur Paul Seixas pour le Tour de France. Ce Giro est sa fenêtre et il le sait.

© Ivan Benedetto / Sprintcyclingagency/Bettini/Photo News – Thymen Arensman

Arensman vit, lui, quelque chose d’inédit : pour la première fois, le Néerlandais d’Ineos Grenadiers aborde un Grand Tour avec de vraies ambitions au classement général et, surtout, avec le niveau pour les assumer. Il a été systématiquement meilleur qu’Eulálio dans les étapes de montagne précédentes. Ineos reste une structure redoutable pour protéger un leader jusqu’au bout. Ces 24 secondes sur Gall peuvent sauter dans les deux sens sur une seule ascension, un seul mauvais jour. Ou une seule bonne attaque.

Le tandem Red Bull, carte maîtresse

Jai Hindley pointe à +5’00 ». Sur le papier, 33 secondes de retard sur Arensman et 57 secondes sur Gall semblent gérables et l’Australien l’a montré à Carì en terminant 3e de l’étape. En 2022, il avait attendu la 20e étape, sur la Marmolada, pour déposer Carapaz et s’emparer du maillot rose. Sa lecture de la course en fin de Giro est sa marque de fabrique.

Car le vrai atout de Hindley, c’est son équipier Pellizzari. L’Italien de 22 ans (vainqueur du Tour des Alpes 2026) est en forme fluctuante mais représente une arme collective que ni Gall ni Arensman ne peuvent opposer individuellement. Red Bull-Bora peut imposer deux hommes à l’avant sur chaque étape décisive. Face à des grimpeurs isolés, ça change tout.

Dans les Dolomites

L’étape 16, ce mardi vers Carì en Suisse, est courte (113 km), mais violente avec une arrivée au sommet à 1.655 m d’altitude, un circuit répété deux fois avec des passages à 14%. C’est le premier test de la semaine et le premier moment de vérité après le repos. L’étape 17 vers Andalo (202 km) ajoutera une nouvelle couche de fatigue sur des organismes déjà mis à rude épreuve.

© Luca Bettini / Sprintcyclingagency/Bettini/Photo News – Jai Hindley

Mais le vrai juge de paix, c’est l’étape 19. L’étape reine dans les Dolomites, avec le Passo Giau (le toit de ce Giro à 2.233 m) et l’arrivée à Alleghe, sera le moment où les écarts actuels n’auront probablement plus aucune valeur. L’étape 20 vers Piancavallo (14 km à près de 8 % en finale et 199 km au total) est le dernier tribunal avant Rome.

Avec des écarts aussi serrés, perdre dix secondes par sommet suffit à passer du podium à la cinquième place. Personne n’est en sécurité. Chaque coureur doit non seulement tenir, mais choisir son moment pour attaquer ou pour répondre.

Trois coureurs, deux places de podium, et un programme de montagne qui ne pardonne aucune faiblesse. Le classement Giro 2026 ne sera tranché qu’à Piancavallo, l’avant-veille d’une arrivée à Rome qui ne sera, elle, qu’une cérémonie. Cette anne, le suspense est total.

Catégories :
Cyclisme

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