L’idée était belle sur le papier. Kevin De Bruyne et Romelu Lukaku réunis à Naples, deux Diables rouges au crépuscule de leur dernière grande saison pour ramener le club dans l’élite européenne. Un an plus tard, les chiffres racontent une autre histoire. Et Naples a décidé de l’écrire sans eux.
De Bruyne a joué 21 matchs, dont 18 seulement en Serie A sur 38 possibles. Il a inscrit cinq buts, dont trois sur penaltys et réalisé deux passes décisives. De son côté, Lukaku a fait sept apparitions toutes compétitions confondues, mais aucune titularisation et un seul but à la 95e minute contre Vérone. C’est peu pour deux joueurs à plus de 20 millions d’euros par an combinés et deux joueurs qui, mis bout à bout, n’ont pas assuré la moitié des matchs de la saison.

L’équipe d’abord, KDB ensuite
Avant même sa grave déchirure aux ischio-jambiers du 25 octobre (la troisième du même type, avec deux interventions chirurgicales au compteur), De Bruyne peinait déjà à trouver sa place. Le système de Conte n’était pas fait pour un meneur de jeu à sa façon : trop de pressing, trop de courses défensives et pas assez de liberté entre les lignes. Naples avait recruté une star sans vraiment repenser son jeu pour en tirer parti. Cent vingt-neuf jours d’absence plus tard, son retour au printemps s’est révélé poussif, comme si le corps refusait de suivre le rythme que le talent aurait voulu lui imposer.
La Ligue des champions a achevé le tableau. Une 30e place en phase de ligue et une humiliation 6-2 à Eindhoven avec De Bruyne sur le terrain.

De Bruyne et Lukaku : une saison à effacer
La saison de Lukaku est encore plus difficile à conter parce qu’il n’y a presque rien à raconter. Une lésion sévère du fémoral lors de la préparation en août 2025 l’a éloigné des terrains jusqu’à mi-décembre avant une rechute à la cuisse fin décembre et une blessure à la hanche en mars. Soit trois interruptions pour un seul exercice et moins d’une heure de jeu cumulée sur l’ensemble de la saison.
De surcroît, la relation avec le club s’est envenimée quand Lukaku a choisi de poursuivre sa rééducation en Belgique, loin du centre d’entraînement de Castelvolturno. Des discussions qualifiées de « constructives » ont fini par apaiser les tensions en surface, mais son agent Federico Pastorello est moins serein que le joueur. « Beaucoup de choses ont changé », avait-t-il lâché à Sky Sport. C’est peu dire.
Le prix d’une entorse aux principes
Leurs valeurs marchandes des deux joueurs ont fondu à environ 12 millions d’euros chacun. Il faut rappeler que De Laurentiis avait fait une entorse à sa règle habituelle, celle qui l’avait toujours tenu loin des trentenaires aux fibres usées pour attirer puis conserver Antonio Conte qui avait remporté le Scudetto la saison précédente avec Lukaku. Mais Conte est parti et la logique qui justifiait ces recrutements n’existe plus aujourd’hui.

Une décision en été pour les deux Diables rouges
Les deux situations ne se ressemblent toutefois qu’en surface. Pour Lukaku, c’est presque acté : Naples ne le voit plus dans ses plans et cherche à récupérer une vingtaine de millions. La presse italienne cite même déjà son successeur potentiel : Dusan Vlahovic, en fin de cycle à la Juventus. Pour De Bruyne, le dossier reste encore ouvert avec un contrat jusqu’en 2027 et une volonté affichée de prouver qu’une saison sans blessure reste possible. Mais De Laurentiis a signalé qu’une offre raisonnable suffirait à le convaincre.

Les deux Diables rouges disent vouloir rester. Naples dit de son côté réfléchir, mais on sait que ce genre de réflexion se conclut rarement en faveur du joueur dans le monde du football. Le Mondial 2026 approche et c’est peut-être là que De Bruyne et Lukaku auront encore quelque chose à montrer. Mais plus à Naples.



