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Quatorze Coupes du monde. C’est le nombre exact de participations des Belges depuis 1930, et 2026 sera la quinzième. Sur ces quatorze éditions, la Belgique a été éliminée cinq fois en phase de groupes (1930, 1954, 1970, 1998, 2022), six fois au deuxième tour ou en huitièmes de finale (1934, 1938, 1982, 1990, 1994, 2002), une fois en quarts de finale (2014). Elle a toutefois terminé quatrième en 1986 et elle a décroché son unique podium en 2018. C’était en Russie.

La réalité est là : les Diables Rouges ne sont ni des figurants ni des prétendants au titre. Ils occupent plutôt un entre-deux : assez bons pour sortir discrètement, jamais assez pour aller au bout.

© Tomas Sisk/Photo News – Red devils

Si on passe les chiffres en revue, il faut aussi ajouter les six absences. La Belgique n’a pas disputé les Mondiaux de 1950, 1958, 1962, 1966, 1974 et 1978. Au total, six Coupes du monde manquées, dont un trou de seize ans entre 1970 et 1982. Ce n’est qu’à partir de cette date que les Diables Rouges sont devenus une présence régulière en phase finale.

1986 et 2018 : les deux sommets

Les deux meilleurs résultats belges sont séparés de trente-deux ans. En 1986 au Mexique, la Belgique de Guy Thys termine quatrième après avoir éliminé l’URSS en prolongation (4-3) et l’Espagne aux tirs au but avant de tomber contre l’Argentine de Maradona en demi-finale (0-2) et de perdre la petite finale contre la France (2-4). Un parcours d’outsider total. C’est une remarquable quatrième place, mais pas un podium.

© Ephilippe Crochet/Photo News – Red devils (1986, Mexico)

En 2018 en Russie, la génération dorée fait mieux et décroche l’unique médaille de bronze de l’histoire des Diables Rouges. Une victoire mémorable contre le Brésil en quarts (2-1) et une demi-finale perdue d’un but contre la France future championne (0-1), puis l’Angleterre battue pour le bronze (2-0). Entre ces deux pics, la Belgique n’a jamais dépassé les huitièmes. En 1990, l’Angleterre nous éliminait en prolongation sur un but de Platt (0-1). En 1994, l’Allemagne nous sort de justesse (2-3). En 2002, le Brésil futur champion a eu le dernier mot (0-2). Et en 2014, c’est encore l’Argentine qui nous a barré la route en quarts (0-1).

© Ephilippe Crochet/Photo News – MARADONA

L’Argentine et la France en bourreaux

Ce n’est pas un hasard si deux noms reviennent souvent dans les éliminations belges. L’Argentine a éliminé la Belgique en 1986 (demi-finale, 0-2) et en 2014 (quarts, 0-1). La France l’a battue en 2018 (demi-finale, 0-1) et elle avait déjà infligé une défaite en petite finale en 1986 (4-2). Ces deux nations représentent exactement le type d’adversaire contre lequel le plafond de verre belge se manifeste : des équipes avec une densité de talent suffisante pour neutraliser les individualités des Diables Rouges et imposer leur jeu.

© Nico Vereecken/Photo News – Eden Hazard

C’est là que les chiffres disent aussi quelque chose : la Belgique gagne ses matchs abordables, résiste face aux équipes de son niveau, mais perd contre le top mondial. Ce n’est ni une surprise ni un échec, c’est simplement la photographie exacte d’une nation de 11,5 millions d’habitants dans une compétition dominée par des géants démographiques et économiques.

2022 : le rappel brutal

On ne passera pas non plus sous silence l’élimination en phase de groupes au Qatar en 2022 et qui a été la première depuis 1998, vingt-quatre ans sans sortie au premier tour. Un nul contre la Croatie (0-0), une victoire laborieuse contre le Canada (1-0), une défaite nette contre le Maroc (0-2). La génération dorée avait manifestement atteint sa date de péremption. Ce résultat ne doit pas réécrire dix ans de performances, mais il indique une réalité : une équipe en transition reste vulnérable, même face à un tirage qui semblait gérable.

© Nico Vereecken/Photo News – Ngoy Nathan

Groupe G et amicaux : les signaux pour 2026

Le contexte pour la quinzième participation est différent. La Belgique hérite du Groupe G avec l’Égypte, l’Iran et la Nouvelle-Zélande, objectivement l’un des tirages les plus favorables du tournoi. L’histoire des Diables Rouges montre qu’ils avancent quand le tableau leur laisse de l’air jusqu’aux quarts. En 1986 comme en 2018, la montée en puissance progressive a été un facteur déterminant.

Les deux matchs de préparation confirment en tout cas une belle forme. Victoire 2-0 en Croatie – demi-finaliste du dernier Mondial, il faut le rappeler – avec des buts de Tielemans et Lukaku, qui retrouvait la sélection après un an d’absence. Puis 5-0 contre la Tunisie à Bruxelles, avec De Bruyne et Doku en grande forme. Sept buts, zéro encaissé sur les deux rencontres. Ce n’est pas suffisant pour tirer des conclusions, mais c’est le type de signal que le bilan historique belge invite à ne pas ignorer.

Depuis 1930 : les Diables Rouges ne gagnent pas la Coupe du monde, mais ils savent transformer les bonnes configurations en parcours mémorables. Le Groupe G est une bonne configuration. La suite se joue à partir du 15 juin face à l’Égypte.

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Football

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