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Le Tour Auvergne-Rhône-Alpes 2026 a rendu son verdict ce dimanche sur les pentes du Plateau de Solaison. Isaac Del Toro, 22 ans, s’y est imposé en solitaire pour remporter le classement général devant Luke Tuckwell et Juan Ayuso. C’est la troisième victoire par étapes de sa saison après l’UAE Tour et Tirreno-Adriatico pour le lieutenant de Pogacar qui arrive en pleine confiance à trois semaines du Tour de France. Le prodige Paul Seixas, lui, n’a pas vu l’arrivée. Le Français a abandonné au kilomètre 32 de cette ultime étape, distancé dans les premières rampes du col du Pré. La décision a été prise à la radio par son directeur sportif Julien Jurdie : « Par principe de précaution. »

© Alessandro Perrone / Sprintcyclingagency/Bettini/Photo News – Isaac Del Toro

Vol plané à 70 km/h

La veille, lors de la 7e étape, Seixas s’était offert le pire moment de sa jeune carrière. Dans la descente de la côte de Saint-Maurice-de-Rotherens, à peine 30 km après le départ, le leader de Decathlon CMA CGM a raté un virage en voulant se replacer par l’extérieur. Sa roue a glissé dans un fossé. À 70 km/h. « J’ai fait un vol plané, j’ai glissé comme dans un toboggan, je me suis râpé sur 30 mètres sur route sèche », a-t-il raconté à chaud.

Les mains défoncées malgré les gants, le dos tendu, incapable de freiner normalement dans les descentes suivantes pourtant nombreuses et techniques ce jour-là. Il a quand même rallié l’arrivée au courage avec quatre minutes de retard à combler, n’en concédant qu’une vingtaine au final. Ça ne l’a pas empêché de repartir le lendemain. Mais le corps a dit stop dans la première montagne.

© Vincent Kalut/Photo News – Paul Seixas

Le premier vrai revers

Jusqu’ici, rien n’avait entaché le début de carrière de Paul Seixas. Le Lyonnais de 19 ans avait tout réussi ou presque depuis ses débuts chez les pros : vainqueur du Tour du Pays basque, de la Flèche Wallonne, deuxième de Liège-Bastogne-Liège et des Strade Bianche, toujours dans la roue de Pogacar.

Sa préparation au Tour avait été millimétrée : un stage en Sierra Nevada avec plus de 33.000 mètres de dénivelé en deux semaines, des KOM sur le Tourmalet en reconnaissances. La machine semblait indestructible. Ce Tour Auvergne devait être la dernière répétition avant le grand saut. Ça a mal tourné. C’est le premier vrai coup dur.

La question psychologique

C’est là que ça devient plus compliqué que les simples « plaies et courbatures » évoquées par le staff. Car Seixas est attendu sur les étapes de montagne du Tour, et notamment en haute altitude : l’Alpe d’Huez figure au programme, le Galibier aussi. Des étapes qui passent toutes par des descentes longues et rapides.

Or c’est précisément dans une descente, à pleine vitesse, qu’il vient de se fracasser le bitume. Personne ne peut savoir avec certitude comment un coureur de 19 ans, à son premier Tour de France, va aborder ces moments-là après une telle expérience. La confiance en descente ne se soigne pas aux pansements. Seixas lui-même l’a reconnu : « Je n’arrivais plus à mettre les mains sur le guidon dans les descentes, je ne pouvais pas freiner aussi tardivement que les autres. » C’est une donnée que ses adversaires vont exploiter.

Pogacar, Del Toro, Vingegaard

Le Tour de France part de Barcelone le 4 juillet, soit dans 20 jours. L’environnement est impitoyable. Pogacar vise un cinquième sacre et son armada compte désormais Del Toro qui sort d’une semaine de domination totale. Vingegaard, lui, sort d’un Giro, un pari plus audacieux, mais le Danois a déjà montré qu’il pouvait renverser des situations en troisième semaine.

Quant à Evenepoel, sa préparation est atypique : sa dernière course remonte à Liège-Bastogne-Liège, le 26 avril. Soixante-huit jours sans dossard avant le Grand Départ. C’est un choix assumé par Red Bull-Bora après un printemps jugé trop chargé, mais qui laisse lui aussi planer une inconnue. Dans ce tableau, Seixas était la carte fraîcheur de la France. Mais c’est finalement lui qui arrive avec le plus d’incertitudes.

© Vincent Kalut / Pn / Sprintcyclingagency/Bettini/Photo News – Paul Seixas

Les signaux qui rassurent

Le staff de Decathlon CMA CGM est unanime : il n’y a pas de fracture, pas de lésion sérieuse. Julien Jurdie, directeur sportif de l’équipe, l’a encore répété : « Il n’y a pas d’inquiétudes sur l’intégrité physique de Paul. » Son coéquipier Aurélien Paret-Peintre, qui a terminé la course à ses côtés toute la semaine, a abondé dans le même sens : « C’est vraiment que des plaies et des courbatures. »

Un stage de rappel d’altitude est prévu avant le 4 juillet. Paret-Peintre retient aussi le positif de la semaine et notamment la manière dont l’équipe s’est mobilisée autour de Seixas après sa chute, comblant jusqu’à quatre minutes de retard pour le ramener dans la course samedi. « Il vaut mieux que ça arrive maintenant qu’en juillet. » C’est vrai. Mais ça reste à prouver sur les routes du Tour de France.

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Cyclisme

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