Ce samedi, le Tour de France s’élance de Barcelone. Remco Evenepoel prend le départ avec l’ambition de succéder à Lucien Van Impe, dernier Belge sacré sur la Grande Boucle en 1976. Ça fait tout de même cinquante ans sans maillot jaune belge à Paris. Pourtant la Belgique trône en tête du classement UCI par nations depuis avril 2022, sans discontinuer. Ça veut dire qu’on produit des champions à la pelle, mais qu’on n’a plus l’ombre d’un vainqueur au Tour.

Longtemps, viser le général sur le Tour n’a tout simplement pas fait partie des plans belges. Le cyclisme national s’est construit ces dernières décennies sur les classiques flandriennes qui étaient peut-être le terrain naturel d’un peuple qui roule sur les pavés depuis l’enfance. Autre carence plus palpable encore : pas de stages en altitude, un entraînement calé sur les routes plates et pavées du plat pays. De quoi forger des puncheurs et des rouleurs, mais pas des grimpeurs taillés pour trois semaines de montagne.
Lucien van Impe 🇧🇪, premier maillot à pois de l'histoire du Tour de France (ramené à Paris). C'était en 1975.
— Miroir du Cyclisme (@Miroir2Cyclisme) June 18, 2026
C'est aussi le dernier coureur Belge à avoir remporté la Grande Boucle.
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Merckx, l’exception qui a caché le vide de vainqueurs belges au Tour
Car Eddy Merckx a longtemps masqué un problème de fond. Le Cannibale était un cas extraordinaire, hors norme. Van Impe, sacré en 1976, courait pour une formation française obsédée par le Tour (Gitane-Campagnolo) dirigée par Cyrille Guimard. Après ce sacre, ça a été le désert. Un seul podium belge dans la décennie qui suit, c’est celui de Van Impe lui-même, troisième en 1977. Le reste se limite à des places d’honneur, Pollentier, Maertens, Bruyère ou Criquielion, qui rythment les années 1970 et 1980 sans jamais menacer le sommet. Les victoires d’étape belges, elles, n’ont jamais manqué. Mais c’est bien le général qui échappe à nos coureurs.

Van den Broeck, l’ambition plafonnée
Il aura fallu attendre Jurgen Van den Broeck pour qu’un Belge nourrisse à nouveau une ambition de podium. Il a en effet terminé troisième en 2010 après les déclassements de Contador et Menchov. Et il a été quatrième l’année suivante. Le Campinois incarnait une génération qui visait haut, mais sans viser le sommet.
Most stage wins in the history of the 🇫🇷 Tour de France!
— Domestique (@Domestique___) July 2, 2026
Where will 🇸🇮 Pogacar be at the end of July? 👀 pic.twitter.com/iT5mHf1GTP
Evenepoel, une ambition d’un autre calibre
Remco Evenepoel est-il fait d’un autre bois ? La question se pose. Dès 2019, alors qu’il était à peine devenu professionnel, il annonçait vouloir porter le maillot jaune à Paris. Résultat, un podium dès sa première participation en 2024, derrière les intouchables Vingegaard et Pogacar. L’an dernier, il a craqué dans le Tourmalet et a dû abandonner, vidé, après plusieurs jours de méforme. Le problème, c’est que cet épisode interroge sa capacité à tenir trois semaines face à des adversaires plus réguliers. Il repart ce samedi depuis Barcelone avec Red Bull-Bora-Hansgrohe, épaulé par Lipowitz, mais sans être le grandissime favori malgré sa longue préparation de ces dernières semaines.

Un Tour toujours verrouillé ?
Deux raisons expliquent l’attente qui perdure. L’absence prolongée d’un coureur taillé pour le général, d’abord et ensuite une concurrence internationale installée depuis quarante ans, avec des Colombiens, Américains, Britanniques ou Australiens et qui a rendu la victoire finale beaucoup plus disputée qu’à l’époque de Van Impe. Pourtant, la Belgique trône en tête du classement UCI par nations depuis avril 2022. Autant dire que le nombre de bons coureurs ne suffit plus à garantir un vainqueur belge au général. Evenepoel poursuit sa quête et la réponse commence samedi.



