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Le suspens n’aura pas duré bien longtemps. Certains supporters espéraient que le RSC Anderlecht parvienne à convaincre Nathan De Cat, 17 ans à peine, de rester un an de plus au club. Cela aurait impliqué une prolongation de contrat, De Cat étant lié au RSCA jusqu’en juin 2027. Mais la nouvelle est déjà connue : le jour de ses 18 ans, le jeune prodige de Neerpede quittera Anderlecht et s’engagera en faveur de Hoffenheim, cinquième de la dernière saison de Bundesliga.

Le Sporting d’Anderlecht devrait toucher un montant estimé par diverses sources entre 20 et 25 millions d’euros – le premier montant étant ce que Hoffenheim a proposé, le second ce que le RSCA espère obtenir après négociations. Loin des montants parfois délirants que l’on entendait circuler : plus de 30 millions, voire 40 millions d’euros pour le plus grand talent de sa génération à Anderlecht. Divers facteurs avaient tué ces espoirs dans l’oeuf.

Pas de record battu pour Nathan De Cat

Sauf surprise, et en excluant les bonus à la revente, Nathan De Cat ne devrait donc pas battre le record de vente du RSC Anderlecht. Ce record a été établi en 2020 quand Jeremy Doku a quitté le club pour le Stade Rennais. La direction anderlechtoise espérait secrètement que De Cat dépasse ce montant, mais les circonstances ont compliqué les choses. Tout d’abord sur le plan sportif.

Nathan De Cat ne rapportera pas autant qu'espéré au RSC Anderlecht

Si De Cat a disputé une saison de haute volée, faisant partie des meilleurs milieux de terrain de Jupiler Pro League, il a en effet subi un coup d’arrêt : une déchirure du ligament au mois d’avril, juste avant la dernière ligne droite du championnat. À son retour, un peu précipité, le « ket » de Neerpede n’est pas parvenu à retrouver son meilleur niveau. Sa finale de Coupe, notamment, aura été un coup dans l’eau, et on sait que ce genre de rencontre est très regardé par les scouts étrangers.

Sans expérience européenne et sans Coupe du Monde…

Tout comme… les matchs européens, chose que le RSC Anderlecht n’a pas disputé cette saison au-delà des préliminaires. Une saison de plus chez les Mauve & Blanc, en cas de qualification pour les poules européennes, aurait permis de cocher cette case si importante pour les clubs du (sub)top. Hoffenheim, 5e de Bundesliga, est assuré la phase de groupes de l’Europa League : ce sera une première pour Nathan De Cat.

Sans Coupe du Monde, la valeur de Nathan De Cat n'a pas augmenté

Le Sporting espérait que ce manque d’expérience sur la scène européenne puisse être compensé par la plus grande expérience qui soit : une participation à la Coupe du Monde 2026. Mais conséquemment à cette fin de saison compliquée, Nathan De Cat est passé à côté des 26 de Rudi Garcia. Le sélectionneur a notamment privilégié l’expérience d’un Axel Witsel, dont on connaît l’importance au sein du vestiaire. Il y en avait peu pour contester l’absence de De Cat, mais à Anderlecht, elle a certainement fait grincer les dents, car une participation à la Coupe du Monde (a fortiori s’il y avait obtenu du temps de jeu) aurait fait monter les enchères.

Tout sauf voir filer Nathan De Cat gratuitement

Puis, il y a l’extrasportif, et c’est probablement le noeud du problème : Nathan De Cat n’était sous contrat que jusqu’en juin 2027. Un manque de prévoyance de la part de la direction précédente ? Oui et non : les joueurs mineurs ne pouvaient jusqu’à présent signer que des contrats d’une longueur d’un an. Un règlement qui laisse les clubs formateurs à la merci des grands clubs, puisqu’il n’est pas rare de nos jours qu’un talent explose dès ses 16 ans – comme De Cat. Cette règle devrait changer et passer à cinq ans dans le futur, mais pour Nathan De Cat, c’est trop tard. La seule solution aurait été que le joueur prolonge le jour de ses 18 ans.

Cela laissait Anderlecht vulnérable dans les négociations, et le choix de Nathan De Cat a finalement été de signer à Hoffenheim (sauf gros retournement de situation dans les jours à venir). Et Anderlecht s’en sort finalement bien en touchant à peu près la valeur estimée d’un joueur en fin de contrat dans un an (De Cat est évalué à 27 millions sur Transfermarkt). Une somme à laquelle viendra s’ajouter, c’est presque certain, un bonus conséquent à la revente.

Hoffenheim, la destination idéale pour De Cat ?

Enfin, qu’en est-il de l’aspect sportif de ce choix pour le joueur ? Alors que certains citaient le Bayern Munich parmi les géants d’Europe intéressés, on pourrait être surpris de voir Nathan De Cat signer dans un club bien moins « glamour ». Mais Hoffenheim est un club de tradition en Bundesliga, qui joue régulièrement l’Europe. De Cat pourra se mesurer au même niveau en championnat que s’il avait signé au Bayern, avec bien plus de perspectives de temps de jeu. L’Europa League n’est pas la Champions League, mais là aussi : De Cat est peut-être plutôt un joueur de C3 qu’un joueur de C1 à ce stade de sa carrière.

Un peu comme Jeremy Doku quand il a rejoint le Stade Rennais, étape intermédiaire idéale, Nathan De Cat va donc pouvoir progresser à son rythme. Loin des feux de la rampe du FC Hollywood, et de la pression qui y est associée. S’il continue sa progression, ce qui n’aurait pas forcément été le cas dans un Anderlecht en reconstruction, il ne restera de toute façon pas longtemps à Hoffenheim.

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Football

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