Pour la troisième fois sur les quatre dernières éditions, la Belgique a rejoint les quarts de finale de la Coupe du monde. Une performance qui place les Diables Rouges parmi les huit meilleures équipes de la planète. Contre les États-Unis, en huitièmes, les hommes de Rudi Garcia ont livré une prestation pleine et aboutie. De quoi avancer avec confiance pour le match de ce vendredi contre l’Espagne.

Un quart de finale face à la Roja, ce n’est pas sans rappeler celui d’il y a 40 ans disputé à Puebla, au Mexique, et qui avait vu les Diables s’imposer aux tirs au but. Cette année, les choses seront un peu différentes. La rencontre se disputera à Los Angeles, au SoFi Stadium où les Belges avaient affronté l’Iran. 40 ans plus tard, la Belgique peut-elle réaliser la même performance et retrouver une nouvelle fois les demi-finales ?
Le mur espagnol
Quand on pense à l’Espagne, la technique de ses joueurs, et d’un Lamine Yamal en particulier, vient directement à l’esprit. Et c’est vrai que la Roja, si elle ne pratique plus le tiki-taka qui lui avait permis de réaliser le triplé Euro 2008-Coupe du monde 2010-Euro 2012, continue d’être une équipe joueuse au touché de balle précieux.
Mais dans cette édition de la Coupe du monde, l’Espagne se démarque aussi par sa solidité défensive. C’est bien simple, depuis le début du tournoi, l’équipe de Luis de la Fuente n’a pas encore encaissé le moindre but. Voilà 609 minutes (sans compter les arrêts de jeu) qu’Unai Simon n’a plus dû aller rechercher un ballon au fond de ses filets.

C’est un mur que la Belgique affrontera. Mais un mur qui va de l’avant. L’Espagne n’est pas du genre à garer le bus, au contraire. Pour assurer sa solidité arrière, outre la qualité de ses défenseurs, c’est en monopolisant que la Roja s’y prend. Avec 59 % de possession de balle moyenne, l’Espagne domine le classement. À titre de comparaison, la Belgique n’est que 20e avec 49 %.

Mitrailleuse belge
Mais la Belgique de Rudi Garcia s’en fout de garder le cuir. L’Espagne aime faire tourner, la Belgique préfère tirer. Sur leurs cinq matchs, les Diables rouges ont déjà armé 107 frappes. Personne ne fait mieux. L’Espagne suit avec 93 frappes. Pas étonnant finalement à ce que la Belgique soit la deuxième meilleure attaque du tournoi avec 13 buts inscrits, dont 12 sur les trois derniers matchs.

De plus, les Diables ont également montré que le danger pouvait venir de partout : trois buts pour Lukaku, deux pour Trossard, Tielemans et De Ketelaere, un pour De Bruyne, Vanaken et Saelemaekers. Pointe de l’attaque, flancs et milieu de terrain. Surtout, Rudi Garcia sait qu’il peut compter sur son banc et que les solutions à une situation difficile peuvent surgir de là.
Pour tromper la vigilance de la défense espagnole, multiplier les tentatives, de près comme de loin, pourrait être une bonne idée. Dès lors, cela forcerait aussi l’Espagne à reculer et donc à garder le ballon loin de notre propre but.
La bataille du milieu
Mais il faudra aussi se montrer particulièrement efficace dans les interventions au milieu de terrain, zone où l’Espagne concentre le plus son talent. Bloquer la Roja à cet endroit sera une clef importante pour espérer rejoindre les demi-finales. Car si on laisse Pedri, Rodri et Olmo se promener, tout deviendra très, très compliqué.

Raskin et Tielemans ont sorti une énorme prestation contre les États-Unis. Mais il ne s’agissait que des USA dont le niveau était loin d’être exceptionnel. Les Belges ont profité de leurs carences techniques pour foncer sur les seconds ballons. Contre l’Espagne, ce sera une autre paire de manche.
Même contre une équipe qui n’a pas encore encaissé, la Belgique doit plus que jamais y croire. La Roja n’a pas été non plus un rouleau compresseur. Il y a la place pour écrire une nouvelle fois l’histoire.



