Il n’y a plus vraiment de round d’observation sur ce Tour de France. Après neuf étapes, Tadej Pogacar compte 2:42 d’avance sur Jonas Vingegaard, son unique rival théorique et deux victoires d’étape à son actif. Le Slovène n’a jamais paru menacé, pas même dans le Tourmalet où il s’est offert un solo de 43 km sans qu’aucun poursuivant ne puisse répondre. Cette domination ne se limite d’ailleurs pas à sa personne. Elle s’étend à toute son équipe, au point que la question n’est plus de savoir qui peut battre Pogacar, mais si quelqu’un en a encore les moyens. Le premier jour de repos, ce lundi, n’aura fait qu’entériner ce constat avant une deuxième semaine qui s’annonce déjà comme une simple formalité.

Le Lioran, une revanche qu’il appelle de ses vœux
Mardi, l’étape auvergnate ramène le peloton sur les lieux d’une défaite vieille de deux ans, celle infligée par Vingegaard à Pogacar. Le Slovène n’a pas caché son impatience à l’idée d’y retourner, expliquant à la presse qu’il attend cette étape avec envie et qu’il faudra une équipe prête à gérer une échappée. Problème pour ses adversaires : ce genre de déclaration ne relève jamais du hasard chez lui. Pogacar a pour habitude de revenir avec insistance sur les lieux où il a perdu pour renverser la vapeur. Comme s’il voulait rappeler qu’aucun terrain ne peut lui échappe. Un an après l’avoir laissé filer pendant vingt-quatre heures pour mieux le reprendre à Gavarnie-Gèdre, il traite déjà le maillot jaune comme un objet dont il dispose à sa guise et non comme un enjeu qu’il doit défendre.
TADEJ POGACAR IS ON ANOTHER PLANET 👽
— Cycling on TNT Sports (@cyclingontnt) July 9, 2026
The four-time Tour de France champion takes the yellow jersey after a dominant display in the Pyrenees, leaving his rivals in the dust 💥🟡 pic.twitter.com/wPZAWMKt1k
Une domination qui se lit aussi dans les comptes
Mais la suprématie de Pogacar ne se limite pas à la route. Elle se vérifie aussi dans les gains engrangés après cette première semaine. UAE Team Emirates a déjà récolté près de 70.000 euros, soit autant que Lidl-Trek et Visma réunis, ses deux poursuivants au classement des équipes. Isaac Del Toro porte le maillot blanc, preuve que la réussite slovène n’est pas un accident isolé, mais le fruit d’un collectif qui écrase la concurrence à tous les étages. Même le Souvenir Jacques Goddet, décerné au premier passage du Tourmalet, est venu grossir un palmarès d’étape déjà disproportionné par rapport au reste du peloton.
Vingegaard seul, Evenepoel et Lipowitz empêtrés
En face, le tableau est nettement moins reluisant. Vingegaard a concédé 2:38 à Gavarnie-Gèdre, sa plus lourde addition face à Pogacar depuis qu’ils se disputent le Tour. Pire, il n’a autour de lui aucun collectif capable de renverser un rapport de force déjà défavorable. Du côté de Red Bull, Remco Evenepoel et Florian Lipowitz ne font guère mieux. Leur entente reste compliquée et leurs équipiers n’ont, pour l’instant, jamais montré qu’ils pouvaient peser sur une étape de montagne. Un budget largement supérieur à celui d’UAE n’y change rien pour le moment et les gains de la formation allemande, à peine supérieurs à 8.000 euros sur la première semaine, indiquent assez bien où se situe le rapport de force.

Assez fort pour dicter l’agenda
Signe supplémentaire de son emprise sur ce Tour 2026, Pogacar ne se contente plus de gagner des étapes. Face à la canicule qui frappe la course depuis Barcelone, il s’est permis de proposer une refonte complète du calendrier cycliste, allant même jusqu’à plaider pour ne plus organiser de courses en juillet et en août dans les régions les plus chaudes. Une prise de position qui dépasse le cadre sportif et qui montre à quel point sa parole pèse désormais sur l’organisation même de l’épreuve.
⭐️ Sin el maillot amarillo, sin el arcoíris de campeón del mundo… una de las pocas veces que se puede ver a Pogacar (27 años) salir con el maillot 'normal' del @TeamEmiratesUAE #TDF2026
— AS Ciclismo (@As_Ciclismo) July 13, 2026
🚲 Sale a rodar alrededor de 40 km en el día de descanso
📹 @danimiranda9 (Vic-sur-Cére) pic.twitter.com/H90fCBlWO6
Sur le papier, il reste encore deux semaines de course et un tiers du Tour 2026 à parcourir. Dans les faits, la domination affichée par Pogacar et son équipe laisse peu de place au doute. Sauf incident majeur, l’issue de cette édition semble déjà écrit et la deuxième semaine va sans doute davantage à une confirmation qu’à une véritable bataille. De quoi s’interroger aussi sur la préparation si longue de Remco Evenepoel qui ne semble pas apporter grand-chose…




