Il aura fallu attendre quarante-cinq ans pour revoir un Belge à pareille hauteur sur le Tour de France. Remco Evenepoel a bouclé l’édition 2026 à la deuxième place, à 6’26 de Tadej Pogacar et il devient donc le premier de ses compatriotes à monter sur cette marche depuis Lucien Van Impe en 1981. Le chiffre dit déjà beaucoup d’un coureur qui, il y a peu encore, traînait une réputation de rouleur incapable de tenir la distance dans la haute montagne. Ce Tour a corrigé cette lecture et il l’a fait de la plus belle manière qui soit.
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— Cycling on TNT Sports (@cyclingontnt) July 26, 2026
This might just be the most dramatic and iconic of Van der Poel's glittering career 😲 pic.twitter.com/erelyQ2Ofc
Le grimpeur qui manquait
Ceux qui doutaient de sa capacité à encaisser trois semaines de cols ont eu leur réponse. Evenepoel a perdu quatre kilos avant le départ de Barcelone et le résultat s’est vu sur les pentes les plus dures. Deux victoires d’étape, deux podiums sur des ascensions exigeantes et, surtout, un niveau maintenu jusqu’aux Champs-Élysées, sans la baisse de régime. C’est ce qui l’avait trahi aux Émirats et en Catalogne quelques mois plus tôt. Le Brabançon a confié à la presse qu’il ne ressentait aucune fatigue particulière au terme du parcours, signe d’une préparation qui semble aboutie. Naturellement, l’équipe Red Bull-BORA-hansgrohe va maintenant décortiquer toutes les données pour avoir une vision claire sur l’état du coureur. Mais la mue est bien là : le meilleur rouleur du monde est aussi devenu un grimpeur. Et ça, c’est nouveau.

Ce que Merckx dit
Le jugement du Cannibale pèse toujours dans le cyclisme belge et il n’a pas boudé son admiration. Eddy Merckx a reconnu que le cadet avait franchi un cap en altitude, un fait qu’il tient désormais pour acquis. Mais le quintuple vainqueur a aussi laissé filtrer un regret, celui de n’avoir pas vu Evenepoel oser davantage. Sa sortie tardive dans la dernière portion de Sarenne, vers l’Alpe d’Huez, lui a paru trop rare pour un coureur de ce calibre, resté dans la roue quand l’occasion se présentait. Merckx y voit peut-être le respect encore intact que les grands cols inspirent au Belge et il espère que cette deuxième place lui donnera la confiance de prendre plus de risques à l’avenir. Par ailleurs, son avis sur le vainqueur, lui, est très clair : tant que Pogacar sera là, personne ne pourra prétendre au Tour.

Le rêve des trois grands Tours
Evenepoel ne cache plus l’ambition qui traverse toute sa carrière. Ce qu’il vise ? Gagner les trois grands Tours et il l’assume désormais ouvertement. La Vuelta figure déjà à son palmarès, remportée en 2022. Le Tour de France reste l’objectif qu’il place au-dessus de tout, celui dont il estime mériter de continuer à rêver après une troisième puis une deuxième place en deux participations. Quant au Giro, le Belge a rappelé que la malchance l’y avait frappé à deux reprises, sans jamais éteindre son envie d’y revenir un jour. Ce qui est intéressant, c’est de voir la sérénité qui semble accompagner cette quête. Là où sa troisième place de 2024 l’avait bouleversé, parce qu’elle venait couronner un premier Tour inespéré, il aborde ce podium avec le recul de celui qui a appris à gérer les revers et qui sait mettre le vélo de côté quand il le faut. Une maturité qui pèsera certainement pour la suite.

Le plafond a un nom
Reste l’obstacle principal d’Evenepoel, comme de tous les autres coureurs. Et il porte un nom que tout le peloton connaît. Pogacar vient d’égaler le record des cinq victoires, aux côtés d’Anquetil, Merckx, Hinault et Indurain et l’a fait à 27 ans sur l’édition la plus rapide de l’histoire du Tour. Sa moyenne de 43,227 km/h sur plus de 3.000 km constitue un sommet jamais atteint en cent treize éditions. Autant dire que l’écart de 6’26 concédé par Evenepoel ne relève pas d’un accident de parcours, mais d’une hiérarchie installée. Le Belge le sait mieux que quiconque. Il peut légitimement croire à ses grands rêves, il a même prouvé qu’il en avait le droit. Problème : l’homme qui se tient entre lui et le maillot jaune ne montre pas le moindre signe de ralentissement. Au contraire, il a même confié qu’il lui fallait un nouvel objectif. Un ogre…
"Je prouve que les critiques des gens qui ne croyaient pas en moi étaient fausses."
— Cyclisme Belge 🇧🇪 (@LeCyclismebelge) July 25, 2026
Remco Evenepoel. 25 juillet 2026. 🫡#TDF2026 pic.twitter.com/vzhisDbxh4




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