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Il y a trois jours, Niels Driesen a endossé le maillot jaune sur le Tour de l’Avenir. Il l’a rendu presque aussitôt, battu sur le chrono en côte de Flaine par un Lorenzo Finn intouchable, puis relégué à plus de deux minutes au sommet de l’Iseran ce mardi. Le général échappe au Limbourgeois de 21 ans, et sauf énorme surprise, il reviendra à l’Italien. Mais peu importe. Ce que cette semaine raconte de lui compte davantage qu’une place finale.

Le déclic d’une saison

Car Driesen n’est pas apparu de nulle part. Le talent était connu en Belgique depuis les rangs juniors, du temps de la génération Widar. Ce qui a changé en 2026, c’est la conversion de ce potentiel en résultats : il a été deuxième de la Flèche Ardennaise, vainqueur de la Ronde de l’Isard, remporté une étape enlevée sur le Giro de la Vallée d’Aoste et une neuvième place à Burgos où il a lâché Sivakov dans le final de l’étape reine face aux professionnels. La première étape du Tour de l’Avenir, arrachée au sprint sous la pluie d’Argentan, a prolongé cette série. Il faut donc estimer que ce déclic ne doit rien au hasard.

© Alessandro Perrone / Sprintcyclingagency/Bettini/Photo News – Niels Driesen

Sorti de l’ombre de Widar

Tout tient en réalité à un rôle longtemps subi. Pendant deux saisons, Driesen a roulé au service de Jarno Widar, quitte à sacrifier ses propres occasions. On l’a vu se dévouer, rarement se montrer pour lui-même. Le passage de Widar chez les professionnels a rebattu les cartes. Libéré de cette hiérarchie, le Limbourgeois a enfin couru pour son compte, et les résultats ont suivi presque immédiatement. Voilà pourquoi il a fallu attendre 2026 pour le voir exploser. Le talent n’avait pas bougé, mais l’espace bien. une trajectoire non linéaire n’a rien d’un handicap, car tout le monde ne s’appelle pas Evenepoel.

Un profil complet

Reste à savoir ce que vaut vraiment ce coureur. La réponse tient à son profil, plus riche qu’il n’y paraît. Driesen n’est pas un pur grimpeur, cantonné aux pentes les plus raides. Il lit la course, se montre intelligent dans les moments décisifs, dispose d’un punch qui lui permet de l’emporter au sprint d’un petit groupe autant que de résister dans la montagne. Cette polyvalence dessine un coureur capable de viser des étapes exigeantes plutôt qu’un seul terrain. C’est précisément ce genre de qualités qui traverse le mieux le passage chez les professionnels, là où les spécialistes trop typés finissent souvent enfermés dans un rôle unique.

© Jan De Meuleneir/Photo News – Niels Driesen

Le plafond s’appelle Finn

Le Tour de l’Avenir 2026 ne révèle pas seulement un Belge, il dessine aussi une hiérarchie. Et au sommet, il y a Lorenzo Finn. Champion du monde Espoirs, vainqueur sortant du Giro Next Gen, déjà auteur d’un succès chez les professionnels cette saison, l’Italien évolue un cran au-dessus. Sur le chrono de Flaine comme sur l’Iseran, il a creusé au lieu de subir. Deux ou trois coureurs seulement gravitent autour de son niveau, un registre que certains comparent déjà à celui de Paul Seixas. Driesen n’en fait pas encore partie et il serait malhonnête de prétendre le contraire. Situer sa marge de progression suppose d’abord de reconnaître ce plafond.

Cap sur les professionnels

Cela n’enlève rien à sa trajectoire. Son avenir est d’ailleurs déjà réglé : Driesen quittera Lotto à l’issue de la saison pour rejoindre Pinarello-Q36.5 où il passera professionnel en 2027. Un départ qui laisse un goût amer à ceux qui l’ont formé. Ce sont deux ans d’investissement effacés par le jeu des managers, mais qui traduit surtout un statut nouveau sur le marché des transferts. On le voit déjà capable de gagner des étapes de montagne sur les Grands Tours sans que le costume de candidat au général lui soit encore taillé. Le prochain rendez-vous dira où il en est vraiment. Les Mondiaux U23 de Montréal le mois prochain offriront un final taillé pour lui. De quoi transformer cette belle semaine en confirmation.

Catégories :
Cyclisme

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