Il faut partir de lui, parce que tout le monde partira derrière lui : Tadej Pogacar. Le Slovène aborde Montréal avec le statut de double champion du monde sortant et une saison sans le moindre creux. Après un cinquième Tour de France conquis en juillet, il ne s’est offert aucune décompression. Bien qu’on ne l’y attendait pas a priori, le voilà aujourd’hui sur la Vuelta où il a assommé la course dès la quatrième étape, un raid solitaire de 50 km bouclé en Andorre avec près de trois minutes d’avance au général. Ce qui frappe, ce n’est pas la victoire, c’est la manière. La faim reste manifestement intacte.
L'attaque de Pogacar à 50 km de l'arrivée ! Le maillot rouge part seul en tête dans cette 4e étape étape de #LaVuelta26#LesRP pic.twitter.com/6rTwGKldQ1
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Pour les Mondiaux du mois prochain, le Slovène est avantagé. Il connaît parfaitement le terrain québécois. Il s’est déjà imposé deux fois sur le Grand Prix de Montréal, donc sur ce même circuit du Mont-Royal. Autant dire que le tracé n’a aucun secret pour lui. Et ses adversaires le savent.

Evenepoel et le pari canadien
Notre compatriote Remco Evenepoel a construit sa fin de saison autour de ce seul objectif des Mondiaux. Deuxième du Tour derrière Pogačar et vainqueur pour la quatrième fois de la Clasica San Sebastián dans la foulée, le Brabançon a ensuite baptisé son bloc final le « Projet Canada ». Après une courte coupure, il a repris un travail structuré à Livigno aux côtés de Mathieu van der Poel. Sa rentrée en compétition est calée aux Grands Prix de Québec et de Montréal, les 11 et 13 septembre.
🚵 Tour de France: le Belge Remco Evenepoel a remporté la quinzième étape du Tour de France dimanche au plateau de Solaison lors d'une journée marquée par l'abandon de Jonas Vingegaard après une violente chute. pic.twitter.com/2cU5gGPnB7
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Personne ne prépare l’échéance de manière aussi ciblée que Evenpoel. Car la visée du Belge est double : reconquérir le titre mondial du contre-la-montre, puis tenter d’arracher à Pogacar le maillot arc-en-ciel sur route. Tout son calendrier pointe vers Montréal. Reste à savoir si cela suffira face à un Pogacar qui ne baisse jamais de régime.

Van Aert et la dernière lacune
Wout van Aert arrive avec une histoire différente. Contraint de renoncer au Tour à cause d’une infection sanguine, le Campinois a d’abord reconstruit sa confiance au Tour du Danemark, trois étapes et le classement général au bout. Le voici désormais sur la Vuelta, en chasse d’étapes tout en accompagnant le jeune Matthew Brennan.

Le maillot arc-en-ciel reste la grande absence de son palmarès et il sait que Montréal lui offre l’une de ses plus belles fenêtres. Le tracé exige de la puissance et de la résistance après six heures d’effort, deux qualités qui lui collent à la peau. Problème : sa condition du jour demeure une inconnue. On l’a vu renaître au Danemark, mais il ne semble pas encore au sommet absolu de sa forme.
La vague qui monte derrière
Sous ces trois noms se presse une génération qui ne vient plus seulement apprendre. Isaac Del Toro a confirmé tout l’été son explosion avec le général du Tour d’Allemagne empoché après une attaque à plus de 30 km de l’arrivée. À Montréal, le Mexicain courra en toute liberté sous son maillot national. Il sera donc affranchi des consignes d’équipe qui le liaient à Pogačar chez UAE.

Paul Seixas incarne sans aucun doute l’autre visage de cette relève. Quatrième du Tour à dix-neuf ans seulement, le Lyonnais aborde les Mondiaux en carte maîtresse du camp français. S’il l’emportait trois jours après son vingtième anniversaire, il deviendrait le plus jeune champion du monde de l’histoire. Une doublette danoise complète ce tableau : d’un côté Mads Pedersen, dont la pointe de vitesse au bout d’un parcours éreintant reste intacte, de l’autre Mattias Skjelmose, déjà en jambes sur la Vuelta et précieux relais pour son leader.
Ce mercredi, la dernière étape du Tour de l'Avenir va désigner le successeur de Paul Seixas 🇫🇷.
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En 2013, Julian Alaphilippe se découvrait des qualités de grimpeur 🤪 en l'emportant au sommet du Plateau des Glières, le dernier jour. DirectVelo y était.
🎦 Pierre Carrey / DV pic.twitter.com/ODzsdCMigC
Le facteur Van der Poel
Reste le point d’interrogation le plus intrigant du plateau. Champion du monde 2023, Mathieu van der Poel s’est tourné vers le VTT, engagé cette semaine sur les Mondiaux de la discipline à Val di Sole. Sa participation aux classiques canadiennes demeure incertaine et toujours suspendue à la fin de sa saison tout-terrain.
Une chose est sûre : le circuit montréalais, qui est rapide et explosif, lui conviendra bien mieux que les 5.000 m de dénivelé de Kigali, qu’il avait boudés l’an dernier. Quand il retrouve un parcours qui correspond à son profil, le Néerlandais reste l’un des rares hommes capables de renverser n’importe quelle hiérarchie.

Qui colle vraiment au Mont-Royal
Le tracé montréalais a un portrait-robot bien particulier : 270 km, près de 3.600 m de dénivelé, 12 ascensions de la côte de Camillien-Houde. Ça signifie qu’il faut grimper, attaquer, puis garder une pointe de vitesse quand les jambes crient déjà. Il faut donc un profil de coureur universel et ils ne sont pas légion à cocher toutes les cases. Aux Mondiaux 2026, le Slovène ouvre évidemment cette courte liste devant un Evenepoel qui aura tout misé sur ce rendez-vous et un Van der Poel capable du coup d’éclat. Le reste du peloton devra s’inviter à la table.



