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Tadej Pogacar ne prendra pas le départ des Championnats d’Europe ce dimanche à Ljubljana, alors même que l’épreuve se dispute sur ses terres et qu’il en est le tenant du titre. La nouvelle est tombée à quelques jours de la course et elle ne se résume pas à un ajustement de calendrier, car elle vient solder une saison que le Slovène espérait voir inscrite dans l’histoire du cyclisme international.

Gianetti tranche, Pogi s’incline

Le coureur a pourtant tout tenté. De retour à l’entraînement à peine un mois après sa chute sur la Vuelta, il a poussé pour prendre le départ sur ses terres. Il a même contacté Xavier Mir, le chirurgien qui l’a opéré de la clavicule et obtenu son feu vert médical. Mais rien n’y aura fait. Dans la Gazzetta dello Sport, Mauro Gianetti a fermé la porte au nom d’UAE Team Emirates. Il comprend sa volonté d’être présent, mais pour le manager, c’est trop tôt et la santé passe avant tout. Donc ça n’arrivera pas.

© Luis Angel Gomez / Sprintcyclingagency/Bettini/Photo News – Tadej Pogacar

La décision dit clairement qui tient la barre chez UAE. Depuis la création de la formation émiratie, Gianetti a posé tous les choix qui comptaient et cet épisode le confirme une nouvelle fois. Pogacar reste le leader absolu, la meilleure carte à jouer sur n’importe quel parcours, mais lorsque l’équipe tranche dans un sens, le coureur doit évidemment s’incliner.

Ce qu’UAE refuse, ce n’est pas le médecin

En réalité, UAE ne remet pas en cause l’avis de Xavier Mir, mais elle refuse le calcul qui consisterait à le suivre. Cinq semaines après une fracture de la clavicule opérée avec plaque et vis, doublée d’une commotion et de lésions aux cervicales, une rentrée en compétition resterait un pari. Et l’équipe juge qu’il n’y a aucune raison de le prendre. Car le Slovène n’aurait rien à gagner à brûler les étapes pour une course d’automne. Au contraire, il aurait tout à perdre.

Le contexte contractuel achève d’éclairer ce choix. Le mois dernier, Pogacar a en effet prolongé son engagement avec UAE jusqu’en 2032, l’année de ses 34 ans. En en toute logique, un coureur engagé pour sept saisons ne va pas tout remettre en cause sur cinq semaines de convalescence. La reprise est d’ailleurs déjà programmée pour 2027, au Tour Down Under en janvier. Rien ne presse, il n’y a que sa parfaite remise en forme qui compte.

Une saison bâtie pour l’Histoire

UAE sait toutefois que cette décision efface un bilan qui donne le vertige. Avant sa chute, Pogacar signait l’une des plus belles saisons jamais vues avec un cinquième Tour de France qui égalait le record des plus grands, mais aussi une première victoire à Milan-Sanremo qui comblait l’un des Monuments manquant à son palmarès ou encore une quatrième Strade Bianche aussi synonyme de record absolu. À cet ensemble s’ajoutaient le Tour des Flandres, Liège-Bastogne-Liège, le Tour de Romandie et le Tour de Suisse, soit cinq victoires sur ses six premières courses de l’année.

© Cor Vos/Cor Vos/Photo News – Tadej Pogacar

Car, comme on le sait, le Slovène ne cherche pas seulement à gagner, il cherche à tout gagner. Sa quête vise le statut de meilleur coureur de tous les temps, rien de moins, et chaque saison fonctionne comme une brique posée sur cet édifice. 2026 devait en être l’une des plus solides. Mais…

La chute qui reporte tout à 2027

Puis il y a eu la Vuelta et, le 29 août, la chute, l’abandon et l’arrêt brutal d’une dynamique qui semblait sans limite. Pire, le forfait à l’Euro n’est que la dernière conséquence d’un enchaînement qui prive Pogacar de tous ses derniers objectifs de la saison. Le sixième Tour de Lombardie d’affilée, qui aurait dépassé le record de Fausto Coppi, lui échappe, tout comme le titre européen conquis l’an dernier devant Evenepoel. Quant à la Vuelta, ce grand tour qui manque encore à son palmarès et qu’il était justement allé chercher, elle se dérobe une fois de plus.

À 27 ans, son talent n’est évidemment pas en cause et le temps continue de jouer pour lui. Mais ce qui a été porté en 2026 devra être rebâti en 2027.

Le peloton respire, les Belges aussi

Bien évidemment, ce forfait se transforme en bonne nouvelle pour tous les autres. Lorsque Pogacar est au départ, l’Euro et le Tour de Lombardie se courent pour la deuxième place, alors qu’en son absence les deux redeviennent réellement ouverts. Remco Evenepoel figure au premier rang des bénéficiaires, lui qui hérite d’un boulevard là où le Slovène lui barrait jusqu’ici la route.

L’automne a pourtant déjà livré son avertissement. À Montréal, Evenepoel a écrasé le contre-la-montre des Mondiaux pour décrocher un quatrième titre planétaire d’affilée et entrer dans l’Histoire avant de caler une semaine plus tard sur la course en ligne où c’est Brandon McNulty, l’équipier de Pogacar, qui a surgi pour s’emparer du maillot arc-en-ciel. C’est une nouvelle leçon. Même sans Pogacar, les Belges ne raflent donc pas tout, car si Evenepoel domine le monde sur le chrono, la marche reste encore haute sur la route.

Pogacar espérait faire de 2026 une marche de plus vers l’immortalité, mais il devra encore patienter. Côté peloton, c’est la chance d’une parenthèse. Mais à lui d’en faire quelque chose. Les Belges restent toujours bien placés, mais il leur faudra concrétiser leurs capacités.

Catégories :
Cyclisme

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