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On croyait la rivalité entre Arsenal et Tottenham quelque peu apaisée… Erreur ! Le récent coup de force des Gunners dans le dossier de transfert d’Eberechi Eze a suffi à raviver la flamme d’une haine réciproque vieille de plus d’un siècle. Avant même le coup d’envoi du prochain derby du nord de Londres, les esprits sont déjà échauffés. Retour sur l’histoire mouvementée d’une opposition qui dépasse largement le cadre du terrain.

L’étincelle : un déménagement qui a tout changé

Pour comprendre les racines de ce duel, il faut remonter à 1913. À l’époque, Tottenham est le club emblématique du nord de Londres, solidement ancré dans sa communauté. Arsenal, en revanche, évolue dans le sud-est de la capitale, isolé, mal desservi et incapable de fédérer un large public.

Sous l’impulsion de Sir Henry Norris, le club décide de s’installer à Highbury, en plein cœur du territoire… des Spurs. Situé à seulement six kilomètres de White Hart Lane, ce déménagement est vécu comme une véritable provocation. Tottenham tente bien de s’y opposer auprès de la Fédération, mais en vain. Dès lors, Arsenal est perçu par ses nouveaux voisins comme un intrus.

Le scandale de 1919 : quand la politique s’invite sur le terrain

Si la tension était déjà palpable, elle explose véritablement en 1919. La First Division décide alors de passer de 20 à 22 équipes. Chelsea, pourtant avant-dernier, est maintenu, tandis que Derby County et Preston North End montent. Reste une place à attribuer. Logiquement, Tottenham – relégué dernier – espère un repêchage.

Mais contre toute attente, c’est Arsenal, seulement cinquième de deuxième division, qui est promu. Une décision inexplicable sportivement, mais obtenue grâce aux manœuvres politiques de Sir Henry Norris, habile lobbyiste. Résultat : Arsenal monte, Tottenham descend. Pour les Spurs et leurs supporters, c’est une trahison impardonnable, un vol historique qui scelle définitivement l’animosité entre les deux camps.

Des “fêtes” pour entretenir la rancune

Depuis, chaque club a trouvé sa manière de célébrer sa supériorité sur l’autre.

Chez Arsenal, on a inventé la “St. Totteringham’s Day”, date symbolique (et changeante) marquant le jour où Tottenham ne peut plus mathématiquement finir devant les Gunners en championnat.

Les Spurs, eux, ont leur rendez-vous fixe : le 14 avril. Ce jour-là, chaque année, ils se remémorent leur victoire 3-1 face à Arsenal en demi-finale de la FA Cup 1991, un moment de gloire gravé dans la mémoire collective.

Et maintenant ?

Plus de cent ans après le déménagement qui a mis le feu aux poudres, la rivalité entre Arsenal et Tottenham n’a rien perdu de sa vigueur. Chaque confrontation est un événement, chaque transfert disputé une bataille. Le 22 novembre, l’Emirates Stadium accueillera une nouvelle édition du North London Derby, l’un des matchs les plus passionnés d’Angleterre.

Une chose est sûre : dans ce duel qui mêle histoire, identité et orgueil, il n’y a jamais de rencontre “banale”.

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