Remco Evenepoel n’aura pas attendu pour marquer son territoire. Engagé sur le Trofeo Ses Salines pour ses débuts sous le maillot Red Bull-BORA-Hansgrohe (qui engage aussi Primož Roglič et Aleksandr Vlasov), le Brabançon s’est imposé d’entrée de jeu avec ses équipiers, offrant à sa nouvelle formation un succès symbolique dès la reprise. Ce scénario s’inscrit dans une certaine récurrence : Remco est capable de transformer ses premières courses de l’année en démonstrations de force.
Une habitude ancrée
Il faut en effet se souvenir qu’en 2020 lors de sa première saison complète, Evenepoel s’était illustré en Argentine en remportant le classement général de la Vuelta a San Juan. Vainqueur du contre-la-montre avec une avance nette, il avait résisté aux pièges d’une étape reine très agitée avant d’enchaîner, dans la foulée, avec des succès sur le Tour d’Algarve et le Tour de Burgos. Une belle dynamique, mais qui avait ensuite été stoppée par la pandémie.
Deux ans plus tard, le schéma s’était répété. Sur le Tour de Valence 2022, Evenepoel avait frappé dès la première étape au sommet de Torralba del Pinar. Le maillot de leader sur les épaules dès le premier jour, il terminera finalement deuxième du classement général, mais en confirmant sa capacité à répondre présent sans période de rodage.
Des démonstrations marquantes
La saison 2024 avait encore renforcé cette image. Pour honorer son maillot de champion de Belgique, Evenepoel avait ouvert son année par un solo de 55 km sur la Figueira Champions Classic. Une attaque lointaine, déclenchée dans une ascension courte, mais décisive et qui avait laissé ses adversaires sur le carreau. Enfin, l’an dernier et malgré une préparation perturbée par son accident survenu quelques mois plus tôt, le Belge était parvenu à s’imposer dès sa reprise, en battant Wout van Aert au sprint sur la Flèche brabançonne. Une victoire à domicile, symbole d’une résilience hors norme.

Sous de nouvelles couleurs
Le succès sur le Trofeo Ses Salines prolonge donc cette logique. Et pour Red Bull-BORA-Hansgrohe, ce premier résultat valide aussi un choix stratégique tandis que pour Evenepoel, il confirme l’étoffe d’un leader qui n’attend pas la montée en puissance pour gagner.

Évidemment, les plus grands rivaux n’étaient pas tous là, notamment les ténors que sont Pogacar ou Vingegaard, entre autres. Mais cela n’enlève rien à la performance de Remco. Dans une équipe qui cherche une star depuis le départ de Peter Sagan, voir son nouveau poulain gagner à une moyenne de près de 60 km/h dès la première course est un solide gage de crédibilité.



