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Au coup d’envoi de la saison 2004-2005, La Louvière n’a plus rien d’un oiseau pour le chat. Pour sa cinquième saison consécutive au sein de l’élite, la RAAL apparaît comme un club solidement ancré en Jupiler Pro League. Forte de sa récente victoire en Coupe de Belgique, respectée après sa première participation européenne et ragaillardie par sa 7e place finale à l’issue de l’exercice précédent, la meute s’affirme aux yeux du football belge.

À tel point qu’avant de se rendre au stade Constant Vanden Stock, le 6 novembre 2004, l’équipe désormais entraînée par Albert Cartier pointe à la 4e place, à cinq petites unités des Mauves, deuxièmes avec 25 points. Autant dire que l’enjeu est de taille à l’aube de cette 12e journée de championnat.

La Louvière aux commandes

Sur la pelouse, ce sont même les Centraux qui mettent le feu aux poudres. À la demi-heure de jeu, Mario Espartero place les visiteurs aux commandes. Il n’y en a que pour les Louviérois, qui ne passent pas loin de doubler la mise. Jusqu’à cette fatidique 63e minute.

À l’entrée du rectangle, d’une reprise de volée instinctive, Walter Baseggio surprend le jeune Silvio Proto. Anderlecht égalise… mais la phase est litigieuse. Le ballon, récupéré au fond des filets par la meute, est éventré. Au ralenti, on constate qu’après la frappe du milieu de terrain bruxellois, le cuir a littéralement explosé. Sur un autre angle, on voit surtout qu’il éclate avant d’entrer dans le but.

Proto : « Surpris par l’explosion »

« J’ai été saisi par l’explosion du ballon », explique Proto, alors gardien louviérois, au micro de la RTBF. « Si le ballon n’explose pas, mon défenseur revient sur la ligne. » Sauf que Geoffray Toyes, le défenseur en question, est lui aussi surpris par la détonation. « C’est comme si quelqu’un avait lancé un pétard derrière nous. »

Serge Gumienny ne bronche pas. Il accorde le but. Dans la foulée, Pär Zetterberg double la mise en faveur des Bruxellois, sur un penalty plus que léger. Même si les Verts, en bleu ce soir-là, tentent de réagir et frôlent l’égalisation, ils n’ont bientôt plus que leurs yeux pour pleurer.

Pas de « replay »

Furieuse, la direction louviéroise tente de faire rejouer le match, en vain. Pourtant, les arguments des pensionnaires du Tivoli sont solides, preuves à l’appui. Le ballon ayant éclaté avant de franchir la ligne, « les règles du jeu prévoyaient l’obligation, pour l’arbitre, d’arrêter immédiatement la rencontre si le ballon explosait ou se dégonflait, les deux équipes reprenant ensuite la partie là où elle s’était arrêtée, avec un nouveau ballon », rappelle l’UEFA.

En coulisses, malgré de nombreux soubresauts administratifs, rien n’y fait. Le « replay » n’aura jamais lieu. Cette saison-là, après avoir perdu plusieurs joueurs clés lors du mercato (Peter Odemwingie à Lille en été, Manasseh Ishiaku et Michael Klukowski à Bruges ou encore Mathieu Assou-Ekoto au Standard de Liège en hiver), la RAAL termine finalement le championnat à la 7e place. Une bien maigre consolation.

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Football

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